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Agression

Aix-en-Provence : trois surveillants pénitentiaires blessés par un détenu

«Leur vie n’est pas en danger», selon le ministre de la Justice, Gérald Darmanin. L’assaillant avait attaqué un codétenu, selon les informations de «Libération».

Deux surveillants ont été blessés, dont un au niveau du cou. (Gérard Julien/AFP)
Publié le 09/01/2026 à 11h42, mis à jour le 09/01/2026 à 15h40

Plusieurs surveillants ont été agressés par un détenu ce vendredi 9 janvier au centre pénitentiaire d’Aix-Luynes, à Aix-en-Provence, a-t-on appris auprès de l’administration pénitentiaire et de la préfecture. Trois d’entre eux ont été blessés, dont un gravement au niveau du cou. Il y a au moins deux fonctionnaires blessés gravement et un troisième, intervenant pour mettre fin à l’agression, a été blessé plus légèrement et est en état de choc, selon l’administration pénitentiaire. L’un des surveillants a pu arrêter l’agression et a été blessé plus légèrement. Il est en état de choc, selon ces sources. «Leurs vies ne sont pas en danger», a tweeté le garde des Sceaux, Gérald Darmanin.

L’agression s’est déroulée autour de 8 heures, «lors d’un entretien avec un gradé et deux surveillants, le détenu a saisi une paire de ciseaux sur le bureau et a agressé un surveillant», a indiqué une source syndicale. Selon les informations de Libération, l’assaillant aurait d’abord agressé son codétenu, qui a été évacué aux urgences. Reçu par un gradé en présence d’un surveillant à la suite de cette agression, l’homme aurait saisi une paire de ciseaux avant de poignarder les deux fonctionnaires tour à tour.

«Ses jours ne sont pas en danger»

«C’est un détenu qui a agressé plusieurs surveillants avec une arme blanche, précisément une paire de ciseaux. Il est très probable qu’il les ait pris sur le bureau dans lequel il était avec un surveillant, mais pour l’instant, ça reste encore un petit peu flou», a déclaré à l’AFP le procureur de la République d’Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon. «Au total, donc, il y a trois surveillants qui ont été blessés, dont un très grièvement [qui] a été hospitalisé, mais à cette heure, ses jours ne sont pas en danger», a-t-il ajouté.

L’agresseur, qui a été placé en garde à vue, avait été condamné en 2025 à deux reprises à quelques mois d’intervalle pour violences et outrages contre des surveillants lorsqu’il était détenu à Toulon ou à Avignon-Le Pontet, selon le procureur. Ecroué en détention provisoire depuis avril 2024 pour viol et violences sur conjoint dont l’information judiciaire est toujours en cours, il était à Aix-Luynes depuis avril 2025.   Une enquête a été ouverte pour tentative d’homicide volontaire et violence volontaire sur personne dépositaire de l’autorité publique, en récidive.

Dans un communiqué, le syndicat Ufap-Unsa Justice dit «exiger une réponse pénale exemplaire, le transfert immédiat et définitif de ce criminel vers une structure de haute sécurité, des reconnaissances officielles pour nos collègues qui ont failli perdre la vie et pour l’acte de bravoure du collègue intervenant qui a sauvé une vie».

Surpopulation et narcobanditisme

Surveillants en sous-effectif chronique, surpopulation carcérale, insalubrité : les prisons françaises sont au point de rupture, s’alarment régulièrement les acteurs de la pénitentiaire. La situation est particulièrement critique dans les maisons d’arrêt, courtes peines ou personnes en attente de jugement, comme celle d’Aix-Luynes où se sont multipliés ces dernières années les incidents, dont des violences entre détenus. Luynes, une des plus importantes prisons de France, est confrontée à un taux de suroccupation moyen de 150 % avec 2 000 détenus hébergés sur 1 200 places, avaient alerté les autorités judiciaires locales en 2024.

Cette surpopulation est due en partie au narcobanditisme marseillais avec une grande partie des détenus qui y sont envoyés par le tribunal correctionnel de la deuxième ville de France.

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