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Ajaccio : la famille de l’homme tué par la police veut porter plainte

Les parents de l’homme de 26 ans, qui selon les premiers éléments de l’enquête menaçait des passants avec un couteau en plein centre de la ville corse samedi, veulent porter plainte pour «homicide volontaire aggravé».

Dans le centre d'Ajaccio, samedi 20 décembre 2025, en Corse. (Maureen Cofflard/AFP)
Publié le 21/12/2025 à 18h17

Les parents de l’homme armé d’un couteau et tué par la police samedi à Ajaccio veulent porter plainte, a annoncé à l’AFP leur avocate ce dimanche 21 décembre, confirmant une information de Corse-Matin.

Me Aljia Fazai-Codaccioni, avocate des parents de Mouhamed Gueye, l’homme tué par un tir policier samedi, a indiqué qu’elle souhaitait porter plainte pour «homicide volontaire aggravé».

«Dans quelles conditions la police a tiré les trois coups ? Est-ce que c’était vraiment nécessaire de riposter de cette façon ?» s’interroge l’avocate qui attend le livret de famille et la procuration des parents qui vivent au Sénégal avant de porter plainte.

Dans un communiqué de presse transmis ce dimanche, Nicolas Septe, le procureur de la République d’Ajaccio précise que «les premiers passants auditionnés indiquaient que les policiers avaient fait tout leur possible pour intimer à l’individu de lâcher son couteau et ont repoussé du plus possible l’échéance pour faire usage de leur arme. Pour eux, les policiers n’avaient plus d’autre alternative pour sauvegarder leur intégrité et celle d’autrui».

«Ultimes sommations»

Selon les premiers éléments de l’enquête, l’homme âgé de 26 ans, de nationalité sénégalaise et titulaire d’un visa étudiant, menaçait des passants avec un couteau en plein cœur d’Ajaccio samedi midi.

«Des policiers tentaient de venir le maîtriser avec du mobilier (table haute-chaise) en le bloquant contre la grille, ajoute le représentant du parquet. L’individu arrivait à repousser le policier, puis se dirigeait précipitamment vers deux autres policiers qui lui demandaient une nouvelle fois de lâcher son couteau», a écrit le procureur dimanche.

Selon plusieurs témoins, l’homme serait arrivé vers les deux policiers avec le bras levé et le couteau en leur direction : «Un des policiers, après d’ultimes sommations faites à l’individu de s’arrêter, finissait par faire usage de son arme de service immobilisant ainsi l’assaillant alors qu’il se trouvait à environ 100 ou 150 centimètres de lui», complète le parquet.

Les agents ont d’abord fait usage d’un pistolet à impulsion électrique, sans succès. L’un des policiers a alors fait feu à trois reprises sur l’homme, qui est mort. L’IGPN, la police des polices, n’est pas saisie à ce stade, a précisé le procureur samedi soir, mais est «en observation».

Une enquête a été ouverte pour «homicide volontaire aggravé» à l’encontre du policier auteur des coups de feu et une autre pour «tentative d’homicide aggravé» contre l’assaillant, selon le procureur Nicolas Septe.

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