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Fait divers

Accident mortel à Alès : protoxyde d’azote, véhicule dans une piscine, victimes mineures… Ce que l’on sait du drame

Trois personnes de 14, 15 et 19 ans sont mortes ce mercredi 3 décembre dans un accident de la route à Alès, dans le Gard. Selon les premiers éléments de l’enquête, du protoxyde d’azote a été retrouvé dans la voiture, qui a fini sa course dans une piscine privée.

Les secours n'ont pas pu intervenir à temps, alors que la voiture a fini sa course dans une piscine privée. (HJBC/Getty Images)
Publié le 03/12/2025 à 12h31, mis à jour le 03/12/2025 à 17h07

Les autorités parlent d’un «concours de circonstances invraisemblable». Trois personnes sont mortes ce mercredi 3 décembre à Alès dans le Gard après un accident de la route. Dans des conditions qui restent à déterminer, le véhicule a terminé son embardée dans une piscine privée. Des capsules de protoxyde d’azote ont été retrouvées dans la voiture, sans que l’on sache à cette heure si le conducteur ou les passagers en avait consommé.

Que s’est-il passé ?

Selon plusieurs sources contactées par Libération, le drame a eu lieu vers 2 heures du matin dans le quartier de Tamaris, dans le nord de cette ville de 45 000 habitants. «La voiture a raté son virage et percuté le muret d’un pavillon où il y a une piscine. La voiture a défoncé le muret, s’est retournée et est tombée à l’intérieur de la piscine, sur le toit, les quatre roues en l’air», explique le procureur de la République d’Alès, Abdelkrim Grini.

Un boulanger rentrait chez lui peu avant 6 heures quand il a vu l’auto, une Peugeot 207, renversée sur le toit, dans sa piscine. Il a prévenu les secours, qui sont rapidement intervenus mais ont tout de suite constaté que la voiture était entièrement immergée et que les occupants du véhicule étaient probablement déjà morts.

Une source intervenue sur place a expliqué à Libération les difficultés rencontrées par les secours pour extraire les corps du véhicule. Les pompiers ont dû vidanger la piscine avant de pouvoir «désincarcérer» les corps de l’intérieur de la voiture. La même source explique qu’une opération de sauvetage était «impossible» au moment de l’arrivée des secours. Les pompiers ont eu beaucoup de mal à accéder aux passagers, le véhicule étant pratiquement «emboîté» dans la piscine, confirme le procureur de la République d’Alès.

«Les trois personnes à bord, âgées de 14, 15 et 19 ans, sont décédées, a priori par noyade.» «C’est vraiment le comble de l’horreur. C’était impossible pour les passagers d’ouvrir les portes. Ce n’est pas le choc de l’accident qui les a tués. Ils se sont retrouvés la tête retournée, dans de l’eau glacée, incapables de sortir. Ils n’avaient aucune chance», continue Abdelkrim Grini, pour qui cet «accident» relève d’un «concours de circonstances invraisemblable».

Où en est l’enquête ?

Le parquet a ordonné une enquête pour «recherche de la cause de la mort». Selon nos informations de sources policières confirmées par le procureur de la République d’Alès, des capsules de protoxyde d’azote ont été retrouvées dans le véhicule. Mais il est impossible d’affirmer à cette heure que le conducteur ou les passagers avaient consommé du gaz hilarant. Les causes de la sortie de route du véhicule sont donc encore inconnues.

Les trois corps ont été emmenés à l’institut médico-légal de Nîmes pour y être autopsiés, en principe jeudi matin. Une analyse toxicologique est notamment prévue, selon le procureur.

Qu’est-ce que le protoxyde d’azote ?

Surnommé «gaz hilarant» et ayant notamment pour effet secondaire la perte de contrôle de ses consommateurs, le protoxyde d’azote a été récemment à l’origine de plusieurs drames routiers, comme début novembre à Lille, où un jeune homme de 19 ans a été mortellement percuté par un automobiliste ayant consommé ce gaz et fuyant la police.

Comme l’écrivait Libération en juin, en l’état, consommer du protoxyde d’azote n’est pas illégal et, en cas de contrôle par les forces de l’ordre d’un conducteur détenteur d’une bonbonne du produit, il est difficile de le verbaliser. En janvier, des débats ont été menés à l’Assemblée nationale autour d’une proposition de loi qui vise notamment à interdire la vente de protoxyde d’azote aux non-professionnels et à verbaliser sa consommation. Ce dernier point a été rejeté, le rapporteur dénonçant une démarche de «surenchère pénale».

Pour l’heure, en cas d’accident, l’usager ne peut être poursuivi que pour un défaut de maîtrise de son véhicule ou mise en danger délibérée si l’usage d’un gaz hilarant est démontré.

Mise à jour à 17 h 06, avec l’ajout d’informations sur les faits et l’enquête.

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