Menu
Libération
Gamelle

Après avoir glissé sur une feuille de salade, une cliente qui s’était cassé le pied attaque Grand Frais en justice

Une nouvelle audience oppose ce jeudi la plaignante à la chaîne de grande distribution. Le 6 novembre, le tribunal avait estimé que la responsabilité de l’entreprise était «sérieusement contestable» et avait condamné la plaignante à verser plus de 3 000 euros à l’enseigne.

L'enseigne assure que ses magasins sont nettoyés "constamment pour retirer tout élément tombé au sol". (MHRC/Photo12. AFP)
Publié le 20/11/2025 à 17h09

Tombée, certes, mais sur un os. Une habitante de Givors (Isère) est de retour ce jeudi 20 novembre au tribunal de Vienne, dans une procédure qui l’oppose à l’enseigne de grande distribution Grand Frais. La raison du litige ? Une glissade sur une feuille de salade, le 1er octobre 2024, dans un rayon de l’enseigne à Chasse-sur-Rhône. Résultat, un pied cassé et plusieurs mois d’arrêt de travail pour la plaignante, qui tient l’entreprise pour responsable de sa chute.

«J’ai dû me mettre à travailler à mi-temps»

Le 1er octobre 2024, ce qui devait être de rapides courses de dépannage s’est transformé en catastrophe. Marie-Line Carrion, psychologue de 41 ans, pose sur pied sur une feuille de salade tombée au milieu du rayon fruits et légumes. Au micro d’Ici Isère, la quadragénaire glisse ce jeudi : «la douleur a été telle que je suis tombée au sol.»

Aux urgences, le bilan est sans appel : fracture du cuboïde, ce petit os du cou-de-pied, assorti d’une entorse sévère et d’une foulure du rachis cervical, une déchirure des ligaments des vertèbres. Le tout lui vaut sept semaines de plâtre. «Ce n’est que depuis cet été que j’arrive à marcher», affirme-t-elle. Les conséquences de la blessure sont également financières : psychologue en libéral, Marie-Line Carrion est contrainte de «se mettre à travailler à mi-temps» les mois qui suivent sa blessure, la privant de salaire complet, déclare-t-elle à ActuLyon.

Au départ, Marie-Line Carrion ne compte pas se retourner contre l’enseigne ; elle réclame simplement «un bon d’achat de cinquante euros sur les salades». Les démarches auprès des assurances sont effectuées, mais le temps passe, et Grand Frais ne donne aucune nouvelle.

«Sérieusement contestable»

Ce silence pousse la blessée à agir en justice mais la procédure se retourne contre elle. Le 6 novembre, le tribunal considère que la responsabilité du magasin est «sérieusement contestable». Voilà la psychologue condamnée à verser à Grand Frais 3 000 euros ainsi que les frais d’avocat, sans compter ses propres frais de défense.

Marie-Line Carrion ne s’arrête pas là. Un second référé se tient ce jeudi 20 novembre. Déterminée à ce que l’enseigne reconnaisse sa faute et la présence d’une feuille de salade sur son sol, elle lance un appel à d’éventuels témoins de sa chute sur Facebook. Nouvelle gamelle. «Je me suis fait lyncher», déplore la psychologue auprès d’ActuLyon après un déluge de commentaires agressifs. Elle supprime alors son post.

De son côté, l’enseigne réfute toute responsabilité - d’autant que les images de vidéo-surveillance ont été effacées. Néanmoins, elle «tient à exprimer toute sa compassion» à Marie-Line Carrion, et défend sa politique d’entretien des magasins : «notre cahier des charges impose un nettoyage régulier : deux fois par jour à l’autolaveuse et constamment pour retirer tout élément tombé au sol. Ces nettoyages sont réalisés par nos équipes dont l’effectif est deux fois supérieur à celui d’une grande surface traditionnelle», écrit le distributeur dans un communiqué publié par le site d’information lyonnais. A la justice de déterminer une nouvelle fois ce jeudi qui raconte des salades.

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique