De premières représailles après une agression mortelle ? Plusieurs permanences de la France insoumise, dont Metz et Lille, ont subi des dégradations dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 février, a annoncé une source policière à l’AFP, confirmant une information du Parisien. Ces faits sont intervenus au lendemain de l’agression à Lyon d’un jeune militant d’extrême droite, dont la mort a été annoncée en début de soirée samedi 14 février. Des violences qui se sont déroulées en marge d’une conférence de l’eurodéputée insoumise Rima Hassan, perturbée par le collectif Nemesis, qui désigne des militants d’extrême gauche comme responsables de l’agression qui a plongé le jeune Quentin dans «un état désespéré».
Les auteurs des deux actes de vandalisme n’ont pas pu être identifiés, mais leur cible, tout comme leur message, écrit ou crié au moment des faits, laissent peu de place au doute. Selon les informations du Parisien, le premier agissement a visé le local messin du mouvement fondé par Jean-Luc Mélenchon, à Metz. Selon cette source policière, vers 20 heures vendredi soir, un projectile a été lancé contre la vitre de laquelle a été aspergée d’«un liquide de couleur rouge». D’après des témoins sur place, l’auteur des faits a été entendu criant «justice pour Quentin» avant de s’échapper.
Quelques heures plus tard, vers 1 heure du matin à Lille, c’est la permanence du député du Nord Aurélien Le Coq qui a fait l’objet d’une attaque. Selon la police encore, la façade «a été dégradée par de la peinture rouge et des affiches relatives au jeune Quentin». Comme dans la préfecture mosellane, les auteurs ont pris la fuite.
«Des accusations sans aucun fondement»
En meeting samedi 14 février à Montpellier, le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a déploré ces actes, pointant du doigt les accusations de la droite et de l’extrême droite à l’égard de son mouvement. «Cette nuit, nos locaux et permanences ont été attaqués dans tout le pays après l’appel de [Bruno] Retailleau et de [Marine] Le Pen qui ont couvert et répété des accusations sans aucun fondement contre les insoumis en exploitant le drame survenu à Lyon. La violence de l’extrême droite s’est déjà manifestée contre plusieurs de nos réunions et de nos dirigeants sans aucune réaction des autorités. J’appelle les Insoumis à la plus grande vigilance».
Selon plusieurs cadres du mouvement, dont le coordinateur du mouvement Manuel Bompard, plusieurs autres permanences ont fait l’objet de dégradations : outre Lille et Metz, des actes de vandalisme ont été relevés à « Paris, Rouen, Castres, Bordeaux, Montpellier et Toulouse».
L’extrême gauche pointée du doigt, des rassemblements prévus
Après l’agression de Quentin, la droite et l’extrême droite ont unanimement condamné la violence de «l’ultra gauche» pour Bruno Retailleau, quand Jordan Bardella, patron du RN, appelait à faire «cesser l’impunité de l’extrême gauche». C’est notamment la Jeune garde, collectif antifasciste implanté à Lyon et dissous en 2025 par Bruno Retailleau, qui est pointé du doigt. Tout en condamnant l’agression, LFI a nié toute implication de ses troupes parmi les auteurs de ces violences, toujours pas identifiés. La presse s’était par ailleurs fait l’écho d’appels aux représailles de la part de l’extrême droite. Le Progrès, notamment, relevait un message issu d’un des canaux d’extrême droite les plus suivis sur Telegram : «Justice pour Quentin. Préparez-vous pour la suite.»
Un rassemblement en hommage à Quentin est ainsi prévu ce samedi à 17 heures à Angers, selon un appel relayé par Jean-Eudes Gannat, candidat aux municipales dans l’Anjou et surtout leader du groupuscule d’extrême droite identitaire L’Alvarium implanté à Angers et désormais dissous. Par ailleurs, des appels à un rassemblement dimanche à 16 heures dans le Ve arrondissement de Paris circulent sur les réseaux sociaux et sur des comptes Telegram de groupuscules d’extrême droite radicale.




