C‘est une «histoire folle» révélée par Libé, celle d’un «raid aventureux» entre milliardaires qui se finit au tribunal judiciaire de Paris pour un litige portant sur une somme colossale. De quoi pousser le géant mondial du luxe à se fendre d’une dénégation officielle, ce mercredi 3 décembre : «LVMH et son actionnaire réaffirment avec force n’avoir, à aucun moment, détourné des actions de la société Hermès International, de quelque façon que ce soit ou à l’insu de quiconque et ne détenir aucune action ‘‘cachée’’», affirme le groupe dans un communiqué.
Dans cette affaire, l’un des héritiers du fleuron du luxe Hermès, Nicolas Puech, a assigné au civil le groupe rival LVMH et son patron, le milliardaire Bernard Arnault. Il affirme avoir été dépossédé par son ancien gestionnaire de fortune, Eric Freymond, mort en juillet dernier, de six millions d’actions, héritées de la maison fondée par son arrière-grand-père, et représentant près de 5,76 % du capital. Soit environ 14,3 milliards d’euros au cours actuel.
Abus de confiance, voire complicité
Or, lors d’une tentative de raid sur le maroquinier en 2010, Bernard Arnault avait acheté ces 6 millions d’actions, dans des conditions qui interrogent. Le PDG du numéro 1 du luxe est désormais susceptible de voir la justice le considérer comme receleur du délit d’abus de confiance, voire comme complice.
LVMH et la famille Arnault réfutent ces accusations de Nicolas Puech, «qui a décidé de se tourner vers la justice française après avoir été débouté par la justice helvétique à de nombreuses reprises», argue le communiqué du groupe de luxe.
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Le sort de ces actions est au cœur d’une affaire complexe aux multiples rebondissements, sur fond de rivalité historique entre Hermès et LVMH qui avaient par la suite enterré la hache de guerre. «LVMH et Hermès International ont conclu en septembre 2014 un accord sous l’égide du Président du Tribunal de commerce de Paris et deux juges d’instruction ont rendu une ordonnance de non-lieu en octobre 2015, suivant en cela les réquisitions du Parquet national financier et le désistement de partie civile d’Hermès International», rappelle le numéro un mondial du luxe.
Le groupe de Bernard Arnault dénonce «depuis plusieurs semaines, une campagne de presse manifestement coordonnée» qui «vise le groupe LVMH», et «se réserve le droit d’engager toute action nécessaire pour faire valoir ses droits».




