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Assassinat d’un prêtre en Vendée en 2021 : l’incendiaire de la cathédrale de Nantes jugé aux assises ce lundi

Emmanuel Abayiseng, un ressortissant rwandais déjà condamné pour avoir incendié la cathédrale de Nantes, est jugé à partir de ce lundi 19 janvier pour avoir tué le prêtre Olivier Maire. Les experts psychiatres ont retenu l’altération de son discernement.

Les funérailles du prêtre Olivier Maire à la basilique de Saint-Laurent-sur-Sèvre, en Vendée, le 13 aout 2021. (Frederic Petry/Hans Lucas. AFP)
Publié le 19/01/2026 à 8h56

Déjà condamné pour avoir mis le feu à la cathédrale de Nantes, Emmanuel Abayisenga est jugé devant la cour d’assises de Vendée à partir de ce lundi 19 janvier et jusqu’à jeudi, pour l’assassinat d’un prêtre en août 2021. A l’époque sous contrôle judiciaire après avoir été incarcéré dans le cadre de l’enquête sur l’incendie de la cathédrale, ce ressortissant rwandais, qui venait d’effectuer un séjour de plusieurs semaines en hôpital psychiatrique, était hébergé par la congrégation des missionnaires montfortains de Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée).

Le 9 août 2021, en début de matinée, il se rend à la gendarmerie et s’accuse d’un meurtre. Le corps du Père Olivier Maire, 61 ans, est retrouvé ensanglanté dans le bâtiment où lui et Emmanuel Abayisenga logeaient. D’après l’autopsie, la victime est décédée dans la nuit du 8 au 9 août des suites de coups violents portés à la tête.

Entre ses aveux aux gendarmes et sa garde à vue – reprise en juin 2022 après un nouveau séjour en psychiatrie –, les explications du mis en cause ont varié sur les raisons de son passage à l’acte. Bien que le prévenu ait nié l’avoir anticipé, le magistrat instructeur a retenu la préméditation et a renvoyé Emmanuel Abayisenga, aujourd’hui âgé de 45 ans, devant la cour d’assises pour assassinat. Les experts psychiatres qui l’ont examiné lors de l’instruction ont de leur côté retenu l’altération de son discernement au moment des faits.

Parties civiles de ce procès prévu sur quatre jours, les deux frères d’Olivier Maire attendent «que la justice passe, qu’il y ait une déclaration de culpabilité et une sanction», selon leur avocate, Me Céline Party. «Surtout», dit-elle, ils veulent comprendre «pourquoi» leur frère a été tué.

Un profil complexe

Né au Rwanda et arrivé en France en 2012, l’accusé a été bénévole pendant plusieurs années pour le diocèse de Nantes. Il est décrit par des témoins comme «serviable» et «discret». Débouté à plusieurs reprises de ses demandes d’asile, il a écopé de quatre obligations de quitter le territoire français (OQTF) entre 2015 et 2019, selon l’enquête.

Condamné à quatre ans de prison pour l’incendie de la cathédrale de Nantes, il avait déclaré lors du procès avoir été profondément marqué par une agression subie au sein de l’édifice fin 2018. Dans un mail adressé à de nombreux contacts le jour de l’incendie, il livrait son amertume face à sa situation administrative et cette agression. Avant le meurtre du père Olivier Maire, il avait confié à plusieurs personnes sa volonté de quitter la congrégation pour retourner en prison. Un prêtre de la communauté a toutefois déclaré aux enquêteurs que le mis en cause et le prêtre étaient «proches» et que ce dernier souhaitait «l’aider» et «l’accompagner».

Originaire du Doubs, Olivier Maire a été ordonné prêtre en 1990 et a séjourné par la suite en Ouganda, en Haïti et en Italie. Les témoins le décrivent comme un homme «calme», «ouvert» et «cultivé». Sa mort avait à l’époque provoqué un vif émoi, y compris au plus haut niveau de l’Eglise catholique : le pape François avait fait part de sa «douleur» lors de son audience publique hebdomadaire.

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