L’homme de 25 ans d’origine malienne et soupçonné d’avoir agressé au couteau trois femmes sur la ligne 3 du métro parisien vendredi avait été naturalisé français en 2018, a fait savoir le ministère de l’Intérieur lundi 29 décembre, confirmant une information de RTL. Une source policière précise à Libération qu’«un passeport français [au nom du suspect] a été trouvé lors de la perquisition» du logement ou l’homme a été interpellé, à Sarcelles (Val-d’Oise). Il avait dans un premier temps été présenté comme en situation irrégulière et faisant l’objet d’une OQTF.
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Interrogé ce mardi sur France Inter, le ministre de l’Intérieur, a été invité à éclaircir cet improbable imbroglio. Laurent Nuñez a reconnu un «dysfonctionnement» relatif à la nationalité du suspect : «Il est Malien, il est né à Bamako […] il est Français par filiation. C’est son père, qui est Français, qui l’a reconnu alors qu’il avait neuf ans et donc il s’est vu, effectivement, délivrer un certificat de nationalité en 2012 à 12 ans. A 18 ans, il a eu un passeport, une carte nationale d’identité. Ce n’était pas connu des services. Alors, est-ce qu’il y a eu un dysfonctionnement ? Forcément», a détaillé le ministre.
«A aucun moment, il n’a évoqué cette nationalité dans les différentes procédures auxquelles il a été confronté depuis trois ans : procès, présentation devant le JLD (juge des libertés et de la détention)…», faisait-on déjà savoir lundi place Beauvau. «Il était difficile pour nous de dire qu’il était possiblement de nationalité française», avait expliqué sur RTL la ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, Marie-Pierre Vedrenne.
Dans un communiqué publié samedi, ses services avaient affirmé que le mis en cause était «en situation irrégulière sur le territoire national». Selon Beauvau, le mis en cause était notamment «connu pour destruction de biens sous l’emprise de stupéfiants». Il «a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et a été placé en centre de rétention administrative» cet été, après une incarcération «en janvier 2024 pour vol aggravé et agression sexuelle».
Néanmoins, son expulsion vers le Mali «n’ayant pu aboutir dans le délai légal des 90 jours, faute d’obtention d’un laisser-passer consulaire en l’absence de titre d’identité valide, il a été libéré avec assignation à résidence», poursuit le communiqué, tout en précisant que l’homme était «sous mandat de recherche».
Placement en infirmerie psychiatrique
Le suspect avait été identifié «grâce aux images de vidéosurveillance» du métro. Il a pu être interpellé dans le Val-d’Oise, via «la géolocalisation de son téléphone portable», avait expliqué le parquet vendredi soir. Sa garde à vue a été levée samedi soir, «ayant été considérée comme incompatible avec son état de santé», selon cette même source. L’homme a été conduit à l’infirmerie psychiatrique, a expliqué le parquet.
Trois femmes avaient été légèrement blessées au couteau vendredi après-midi dans le métro parisien. Les agressions ont eu lieu aux stations desservies par la ligne 3, Arts et Métiers, République et Opéra, au centre de Paris, «entre 16 h 15 et 16 h 45», avait expliqué l’opérateur public des transports parisiens (RATP). Deux des «victimes ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier sans pronostic vital engagé», tandis que la troisième s’est présentée elle-même à l’hôpital, avait déclaré la préfecture de police. L’agresseur avait pris la fuite après les faits.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait appelé la semaine passée les préfets et responsables de la sécurité à «une vigilance maximale» à l’approche du Nouvel an, notamment en raison «du niveau très élevé de la menace terroriste», et demandé qu’une attention «spécifique» soi portée aux «transports en commun».
Mise à jour le mardi 30 décembre à 10 h 20 avec les déclarations de Laurent Nuñez.




