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Attaque sur l’île d’Oléron : le suspect mis en examen pour «tentatives d’assassinats»

Lors de sa garde à vue, Jean G., 35 ans, a dit «regretter son acte», selon le procureur de la République. Cinq personnes ont été blessées et deux sont toujours dans un état jugé «particulièrement préoccupant» par les médecins ce vendredi 7 novembre.

Après l'attaque qui a fait cinq blessés sur l'île d'Oléron le mercredi 5 novembre. (Stephane Mahe/REUTERS)
Publié le 07/11/2025 à 14h43, mis à jour le 07/11/2025 à 14h43

A l’issue des 48 heures de garde à vue, le suspect, Jean G., de l’attaque à la voiture sur l’île d’Oléron mercredi, a été mis en examen ce vendredi 7 novembre pour «tentatives d’assassinats». La préméditation a donc été retenue, comme requis par le procureur. Mercredi matin, au volant de sa voiture, il a fauché cinq personnes, âgées de 22 à 69 ans, dont deux grièvement blessées. Celles-ci sont toujours hospitalisées, leur situation médicale restant «particulièrement préoccupante» selon le magistrat. Invité ce vendredi 7 novembre sur Ici, le procureur de la République a expliqué que Jean G. a dit «regretter son acte» en fin de garde à vue.

L’homme de 35 ans a affirmé aux enquêteurs «avoir suivi les ordres d’Allah» lui demandant de faire «un sacrifice», avait déclaré la veille Arnaud Laraize, procureur de La Rochelle, écartant néanmoins toute dimension «jihadiste». Le suspect, qui «déclarait s’être tourné vers le catholicisme dans un premier temps, puis s’être converti récemment à l’islam, seul et à l’aide des réseaux sociaux», a cherché à «attenter à la vie de sept personnes en moins de 30 minutes», a souligné devant la presse Arnaud Laraize.

L’homme a prononcé «Allah Akbar» «à de très nombreuses reprises» lors de son interpellation, alors qu’il tentait de prendre la fuite dans un champ après avoir incendié son véhicule, à l’intérieur duquel une bonbonne de gaz et une lame de couteau de 35 centimètres ont été retrouvées par les enquêteurs. Devant les enquêteurs, ce trentenaire célibataire et sans enfants a dit «avoir souhaité mourir en s’immolant», sans réussir à faire exploser la voiture qui appartenait à son père.

Le Pnat ne s’est pas saisi

«Dans sa dernière audition, il déclarait entendre des bruits bizarres dans sa tête depuis quelque temps et faisait part de sa volonté d’être interné», a relaté Arnaud Laraize, précisant qu’une expertise psychiatrique réalisée durant la garde à vue avait retenu une altération du discernement au moment des faits. Décrit comme polytoxicomane et sous l’emprise de cannabis lors de son périple criminel, il a tenu devant les enquêteurs des propos «qui manquent de cohérence, marqués de troubles de la personnalité».

En l’absence de liens établis avec des organisations terroristes ou des personnes connues des services de renseignement spécialisés, ou de consultation de propagande jihadiste, le parquet national antiterroriste (Pnat) ne s’est pas saisi du dossier.

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