Frédéric Péchier n’a pas grand-chose de l’archétype du tueur en série. Enfance privilégiée, carrière saluée, couple uni et trois enfants chéris. Une vie ordinaire de notable de province avec ses beaux voyages à l’étranger, ses cours de golf et ses dîners mondains. L’anesthésiste a-t-il empoisonné 30 patients, dont douze n’ont pas survécu, entre 2008 et 2017, dans deux cliniques bisontines ? A-t-il voulu «arrêter des cœurs» pour combler des «failles personnelles» et «un rejet du père» dans l’enfance ? Est-il un «Dr Jekyll et M. Hyde» des blocs opératoires ? Cette semaine, son examen de personnalité, devant la cour d’assises du Doubs, a plus que jamais attiré les foules.
L’apathie manifeste de l’accusé de 53 ans – qui nie les faits reprochés – fait jaser. Dans le public, une femme y voit la confirmation d’un sang-froid criminel. Sa voisine tempère : n’en faut-il pas dans un bloc hospitalier ? «Quand j’ai dit que j’avais de la compassion, je me suis fait dézinguer. Quand j’ai dit l’inverse, j’ai reçu le même traitement», avait maugréé le colosse au teint empourpré. Alors,




