Menu
Libération
Récit d'audiences

Au procès de Frédéric Péchier, les troubles personnalités de l’anesthésiste à la loupe

Réservé aux abonnés

Le profil du médecin, accusé d’avoir empoisonné 30 patients, a été examiné toute la semaine devant la cour d’assises du Doubs : le proche «attentionné», le professionnel «fiable», mais aussi l’homme «nombriliste» et «beau parleur».

Frédéric Péchier à Besançon le 8 septembre. (Raphaël Helle/Libération )

Frédéric Péchier n’a pas grand-chose de l’archétype du tueur en série. Enfance privilégiée, carrière saluée, couple uni et trois enfants chéris. Une vie ordinaire de notable de province avec ses beaux voyages à l’étranger, ses cours de golf et ses dîners mondains. L’anesthésiste a-t-il empoisonné 30 patients, dont douze n’ont pas survécu, entre 2008 et 2017, dans deux cliniques bisontines ? A-t-il voulu «arrêter des cœurs» pour combler des «failles personnelles» et «un rejet du père» dans l’enfance ? Est-il un «Dr Jekyll et M. Hyde» des blocs opératoires ? Cette semaine, son examen de personnalité, devant la cour d’assises du Doubs, a plus que jamais attiré les foules.

L’apathie manifeste de l’accusé de 53 ans – qui nie les faits reprochés – fait jaser. Dans le public, une femme y voit la confirmation d’un sang-froid criminel. Sa voisine tempère : n’en faut-il pas dans un bloc hospitalier ? «Quand j’ai dit que j’avais de la compassion, je me suis fait dézinguer. Quand j’ai dit l’inverse, j’ai reçu le même traitement», avait maugréé le colosse au teint empourpré. Alors,

Dans la même rubrique