Vaguement chancelant, Michel D. se tient debout face au tribunal, noyé dans son manteau vert mousse qui semble trop grand pour lui. L’interrogatoire se prolonge et les reins font souffrir ce vieil homme de 76 ans, à la voix qui flanche quelquefois. Est-ce bien lui qui est accusé d’avoir organisé en 2004, en compagnie de Perrine R., jugée elle aussi, un chantage rocambolesque contre les pouvoirs publics, menaçant de commettre des attentats contre des trains dans l’espoir d’obtenir une rançon de plusieurs millions d’euros et allant même jusqu’à poser deux vraies bombes (qui n’ont pas explosé) sous le réseau ferré ? A la barre, l’intéressé reconnaît sa culpabilité mais tente de se dédouaner. «La personne que vous avez devant vous n’est pas celle qui a commis les faits. C’est une personne qui a vieilli, qui a changé», insiste-t-il. «Mais je comprends votre logique», ajoute-t-il poliment à l’adresse du tribunal correctionnel de Paris, qui le juge notamment pour «association de malfaiteurs».
A la barre
Au procès du «groupe AZF» qui menaçait de faire sauter des trains : «L’intention était bonne, mais j’ai choisi une voie complètement folle»
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Au tribunal correctionnel de Paris, où son procès s’est ouvert ce mardi 13 février, Michel D., 76 ans, a tenté de s’expliquer sur le vaste chantage contre les pouvoirs publics qu’il avait engagé fin 2003 avec sa complice Perrine R., provoquant une onde de panique dans la société.
A Montiéramey, près de Troyes, le 24 mars 2004, à proximité de la voie ferrée Paris-Bâle sur laquelle une bombe artisanale a été découverte. (Alain Julien/AFP)
Publié le 14/02/2024 à 19h19
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