Francis et Nicole Ferron se sont mariés en 1969, un an après leur rencontre. C’est un couple que l’on pourrait qualifier par facilité de «normal». Unis à la vie comme au travail, ils sont embauchés dans la même entreprise, ne faisant qu’un jusqu’à la mort de madame en 2012. Un cancer. Pendant cinq ans, Francis est seul et ne peut compter que sur Nelly, sa fille, qui vient manger dès qu’elle le peut à la maison. Elle l’aide à remplir les documents administratifs même si, parfois, il met «la pagaille». En 2017, il rencontre Joëlle, «Jojo», et il se sent moins seul. Six ans plus tard, il dépose un baiser sur le front de sa fille, allongée dans son cercueil. A la barre, ce vendredi 23 janvier, au tribunal judiciaire du Mans (Sarthe), Francis Ferron, ancien combattant, 87 ans «dans quelques semaines», émeut. Dans le box, Pascal R., jugé pour l’assassinat de Nelly Ferron dans la nuit du 2 au 3 mars 2023, écoute, concentré.
«On n’a rien sans rien»
Nelly Ferron est née en 1975, quelque temps après son frère Franck. Ses proches font le récit d’une enfance «heureuse». Les parents travaillent beaucoup, mais ils consacrent les week-ends et les vacances aux enfants, la famille en valeur cardinale, comme le travail. «On n’a rien sans rien», disait Francis Ferron. Depuis toute petite, à Noël ou pour son anniversaire, Nelly demande des jouets en lien avec les soins. Elle veut devenir infirmière. Ecolière studieuse, étudiante sérieuse, elle est diplômée à 21 ans et obtient un poste dans




