Pour une fois, Jean-Noël Guérini n’a pas attendu son avocat pour quitter la salle d’audience d’un pas ferme. C’était mercredi dernier et jusqu’alors, en trois semaines de procès, le sénateur de 70 ans avait présenté une image sereine, un peu trop poli même, servant des «Mesdames et Messieurs les juges» et autres «honorables membres de la Cour», lorsqu’il était appelé à la barre du tribunal correctionnel de Marseille. Mais ce mercredi soir, c‘en était trop : en pleine montée de rage contenue au sortir du Palais de justice, il en a bousculé le journaliste qui tendait un micro dans sa trajectoire. «Mais enfin, excusez-vous Monsieur ! lui lance l’élu en retournant la responsabilité. Vous m’avez donné un coup dans le cœur, là où j’ai été opéré !»
A sa décharge, la journée avait été rude. Durant sept heures, deux procureurs masqués s’étaient relayés au micro pour asséner un réquisitoire assassin à destination des onze prévenus – dont le sénateur Guérini et son frère Alexandre – qui comparaissent depuis le 15 mars pour un dossier tentaculaire où se bousculent abus de biens sociaux, blanchiment d’argent, favoritisme et autre trafic d’influence. «L’affaire Guérini», a résumé la presse dès l’ouverture de l’instruction, il y a douze ans déjà. «Un déla




