Pas plus de deux semaines. Naël (1) s’était fait la promesse de déguerpir dès qu’il pourrait de son nouveau foyer à Arras (Pas-de-Calais), où le juge des enfants avait ordonné son placement. Il avait 16 ans, venait d’être arrêté pour avoir été complice d’une «très grosse bêtise», sur laquelle il préfère ne pas s’épancher. «Les familles d’accueil, les foyers, j’avais déjà vu, j’ai jamais été bien», se justifie spontanément le jeune Egyptien, arrivé en France «vers 2017».
Un an et demi plus tard, le voilà, ce lundi de janvier, en claquettes-chaussettes dans le hall de l’établissement, à distribuer des coups d’épaule affectueux aux autres résidents. Il vient de fêter ses 18 ans, travaille pour obtenir un CAP boucher, et invite régulièrement à déjeuner (une blanquette, sa spécialité) le personnel du foyer dans le petit studio aménagé au dernier étage, où il vit en semi-autonomie depuis sa majorité. «Ils m’ont aidé», répète-t-il plusieurs fois en agitant ses boucles brunes.
«Redonner confiance»
«Ils», ce sont ses éducateurs. Ils sont quatorze à travailler au sein de cet établissement dépendant de la protection judiciaire de la jeunesse, et donc du ministère de la Justice. Jusqu’à douze mineurs sous mandat judiciaire peuvent y être accueillis, sur décision du juge des enfants. Le travail des éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse demeure peu connu du grand public. Ils sont pourtant directement concernés par la réforme de la justice pénale des mineurs, do




