Des mesures d’urgence mais pas de nouveaux moyens humains. La direction du Louvre a présenté ce vendredi 7 novembre des dispositions sur la sécurité lors d’un conseil d’administration extraordinaire convoqué après le vol de joyaux de la Couronne.
La ministre de la Culture Rachida Dati avait ordonné cette réunion d’urgence le 31 octobre après avoir fait état d’une «sous-estimation chronique» des risques d’intrusion et de vols au Louvre, sur la foi de l’enquête administrative lancée après le spectaculaire casse du 19 octobre.
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Détaillant les orientations fixées par la ministre, la direction du Louvre a annoncé ce vendredi la création «immédiate» d’un poste de «coordonnateur sûreté», rattaché directement à la présidence et chargé de faire le lien entre toutes les directions concernées par les questions de sécurité, selon un communiqué du musée.
La direction a également annoncé le déploiement «dans les prochaines semaines» d’équipements de mise à distance aux abords immédiats du Louvre et l’installation «au cours des prochains mois» de caméras de surveillance supplémentaires. Le manque de caméras périmétriques aux abords du musée a été pointé du doigt après le casse du 19 octobre, au cours duquel des malfaiteurs ont pu s’introduire en plein jour dans le Louvre et dérober huit joyaux de la Couronne.
La réunion de vendredi, auquel ont notamment participé des représentants de l’Etat et du personnel, s’est tenue dans un contexte de fortes turbulences pour le musée le plus visité au monde et au lendemain de la publication d’un rapport très critique de la Cour des comptes. Celle-ci a étrillé la gestion du musée entre 2018 et 2024 en estimant notamment que la sécurité avait été négligée au profit d’opérations «visibles et attractives», mettant encore davantage sous pression la présidente du Louvre Laurence Des Cars.
Pas de nouveaux moyens humains
Nommée fin 2021, la dirigeante a assuré vendredi matin sur France Info avoir pris «toute la mesure (des) problèmes de sécurité» au Louvre et assuré ne pas avoir «le sentiment d’avoir échoué». Plusieurs mesures d’urgence qu’elle a présentées vendredi vont «dans le bon sens» mais se font «malheureusement» à moyens humains constants, a estimé Bibata Ouedraogo, qui représentait le syndicat SUD lors de ce conseil d’administration.
«On regrette qu’il n’y ait pas de moyens humains adossés», a-t-elle déclaré. «Il est plus que temps que les budgets soient fléchés correctement, que les emplois de la surveillance soient rehaussés à hauteur du besoin et cessent d’être détruits au profit d’activités autres», a affirmé son syndicat dans une déclaration lue devant le conseil d’administration.
Gary Guillaud, secrétaire de la section CGT-Louvre, salue, lui, la création annoncée du poste de coordonnateur mais regrette également l’absence de renforts humains. «Ce poste de coordonnateur, ce n’est pas une mauvaise chose parce qu’il y a pu avoir des problèmes de communication mais notre seul souci c’est qu’on fait ça avec les mêmes moyens humains», a-t-il expliqué.
Justice
Depuis plusieurs mois, les organisations syndicales dénoncent des problèmes de sous-effectifs qui compliquent les missions de surveillance du musée, qui s’étend sur 73 000 m² et abrite quelque 35 000 œuvres. Sans annoncer de recrutements, la direction du Louvre a promis ce vendredi une augmentation de 20 % du budget de formation en direction des agents du musée pour adapter la formation obligatoire.
En présentant le rapport de son institution jeudi, le premier président de la Cour des comptes Pierre Moscovici a estimé que des progrès étaient «possibles sur la sûreté sans augmentation significative des effectifs». Parallèlement au débat sur le Louvre, l’enquête se poursuit pour retrouver les joyaux dérobés, d’une valeur de 88 millions d’euros. Quatre suspects ont été mis en examen et écroués.




