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Défaillance

Braquage du Louvre : le balcon utilisé par les cambrioleurs identifié comme point de vulnérabilité dès 2018

«Le Monde» révèle ce mardi 25 novembre avoir eu accès à un audit de sûreté mené il y a plusieurs années qui avait très précisément signalé la possibilité d’accéder à la galerie d’Apollon à l’aide d’un monte-charge.

Après le cambriolage au musée du Louvre, le 19 octobre 2025. (Dimitar Dilkoff/AFP)
Publié le 25/11/2025 à 20h45

Le monte-charge, le balcon de la galerie d’Apollon, tout y était. Un audit de sûreté réalisé en 2018 pour le musée du Louvre, révélé par le Monde ce mardi 25 novembre au soir, avait précisément identifié comme point de vulnérabilité la vitre découpée à la disqueuse par les cambrioleurs et l’utilisation d’un monte-charge pour y accéder. Le document a pourtant été écrit sept ans avant le spectaculaire casse du 19 octobre au cours duquel quatre individus se sont emparés de huit joyaux de la couronne de France, pour un préjudice évalué à 88 millions d’euros. De quoi largement laisser le temps à la direction de l’établissement de renforcer la sécurité autour de ce fameux balcon.

Alors que tout le monde – la Ville de Paris, la ministre de la Culture, la préfecture de police, le Louvre – se renvoie la responsabilité dans cette affaire, cet audit met à mal la crédibilité du musée selon le quotidien. Mené par des experts députés de la direction sécurité et sûreté du joaillier Van Cleef & Arpels, le document comprend deux pages et trois infographies s’attardant sur le balcon de la galerie d’Apollon, affirme le Monde.

Toujours d’après le journal, les auteurs insistent sur la fenêtre donnant sur le quai François-Mitterrand, qualifiée de «l’un des plus grands points de vulnérabilité de l’établissement». Et illustrent par un schéma la possibilité du recours à une nacelle pour accéder à la rambarde. Au moyen de photos, ils prouvent également que les caméras de surveillance ne recouvrent pas entièrement le balcon.

Le document découvert qu’après le braquage

L’actuel directeur sécurité et sûreté de Van Cleef & Arpels, Francis Paccagnini, qui n’a pas nié l’information auprès du Monde, a dit ne pas être autorisé à aborder le sujet.

Quant à la direction du musée du Louvre, qui a dévoilé la semaine dernière en commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale une vingtaine de mesures d’urgence, elle assure n’avoir découvert l’existence de cet audit qu’après le braquage. «La présidente du Louvre a demandé la transmission de tous les documents liés aux chantiers réalisés dans la galerie d’Apollon depuis vingt-cinq ans. [Ce n’est qu’alors] que plusieurs documents, dont une évaluation des risques rédigée en 2018 par un expert externe, ont été identifiés», a-t-elle réagi auprès du Monde.

Lors du changement de direction, à l’automne 2021, entre Jean-Luc Martinez et Laurence Des Cars, cette dernière n’aurait pas reçu le fameux document. Pourtant, l’ancien directeur du Louvre avait lancé des travaux d’études dès 2018, selon le quotidien, pour créer un «schéma directeur de sûreté». Un projet repris et terminé par Laurence Des Cars en 2024 – sans le précieux audit, donc.

Dans tous les cas, le document a depuis été «transmis à l’inspection générale des affaires culturelles afin d’être intégré aux investigations en cours». Il permettra peut-être de mieux comprendre comment les braqueurs s’y sont pris, alors que quatre nouvelles interpellations ont été réalisées ce mardi, dont celle d’un homme suspecté d’être le dernier membre du commando.

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