L’assassinat de Mehdi Kessaci – abattu en plein jour le 13 novembre dans un crime d’avertissement –, a secoué le débat public autour de la lutte contre le narcotrafic. Ce mercredi 19 novembre, Bruno Retailleau s’est dit persuadé «qu’on va gagner la guerre» contre le narcotrafic grâce, notamment, à la nouvelle loi sur la lutte contre la criminalité organisée, inspirée de la législation antiterroriste.
La loi prévoit l’installation d’un parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) à partir du 1er janvier, mais aussi des mesures répressives, des outils pour les enquêteurs et la création de quartiers de haute sécurité dans des prisons pour y placer à l’isolement les narcotrafiquants. Avec ce texte «qu’on a fait voter et qui va copier un peu ce qui fonctionnait contre le terrorisme, avec une chaîne judiciaire spécialisée, avec un état-major, avec un chef de file, on aura des résultats», a estimé le patron des Républicains.
«Relâchement sur la question du narcotrafic»
Au micro d’Europe 1, Bruno Retailleau a renvoyé le Rassemblement National – qui juge cette loi «insuffisante» – à ses «contradictions» car «le RN n’a pas voulu à l’Assemblée nationale permettre l’interception des messageries cryptées» qui est selon lui «capitale pour lutter contre ces grandes organisations criminelles».
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Benoît Payan, le maire de Marseille, a fustigé ce mercredi matin sur RTL une initiative de l’ex-ministre de l’Intérieur qui, en mars, confiait la fonction de préfet de police des Bouches-du-Rhône au préfet de département Georges-François Leclerc, très récemment nommé à l’Elysée pour diriger le cabinet du président. «Quelqu’un a eu la bonne idée […] de supprimer à Marseille le préfet de police, c’est-à-dire ce poste de plein exercice dans une ville qui est en pointe sur les questions de narcotrafic», a-t-il déploré. Une fonction qui avait permis d’obtenir sur le terrain des premiers résultats, bien que «ce ne soit pas assez», a-t-il concédé.
En évoquant «un relâchement sur la question du narcotrafic», l’édile a critiqué «la doctrine d’emploi des forces de l’ordre». Et de rappeler : «On est passé de 50 homicides à 18 puis à neuf […] Et qu’est-ce qui est en train de se passer ? Je suis en train de voir dans ma ville qu’il y a une forme de reprise en effet, des coups de pression, des tirs, depuis six semaines, je sens que les choses ne vont pas.»




