Les gens de la mer disent qu’ils font des ronds dans l’eau lorsqu’ils ont l’impression de ne pas vraiment avancer. Faire des ronds dans l’eau, c’est en quelque sorte ce qu’ont fait les justices françaises et britanniques depuis le 15 janvier 2004 et le naufrage, au large des Cornouailles, du Bugaled Breizh. Ce chalutier français, basé à Loctudy (Finistère), pêchait à quelques encablures du cap Lizard avant d’être entraîné par le fond en trente-sept secondes, engloutissant avec lui les cinq marins à son bord.
Après douze ans d’une enquête sinusoïdale, la justice française a définitivement refermé le dossier en 2016, faute d’avoir pu éclairer les circonstances précises du sinistre. Pour de nombreux acteurs de la procédure, notamment les familles des marins décédés mais aussi certains magistrats en charge des investigations, il ne fait guère de doute que le Bugaled Breizh a été victime de la trajectoire d’un sous-marin militaire ayant accroché l’une de ses funes, ces gros câbles de métal reliés au filet de pêche. Toute la question restait de savoir lequel, puisqu’un exercice naval international de l’Otan – baptisé Aswex04 - se déroulait ce jour-là à proximité.




