C’est un soir de Saint-Valentin et Mélanie Boulanger, maire PS de Canteleu, en Seine-Maritime, décroche son téléphone. Le nom de son adjoint, chargé du développement économique, Hasbi Colak, s’est affiché sur son écran. Mais c’est une autre voix qui tempête dans le combiné, ce 14 février 2020. Montacer Meziani, dit Mantalo, est très en colère. La police vient de faire irruption au Jean-Jaurès, un bar du coin où il passe son temps et où il exerce une telle influence que certains clients le prennent pour le propriétaire. Il somme son interlocutrice d’utiliser ses prérogatives pour interrompre les contrôles et menace, en cas de non-coopération, de mettre sa commune «à feu et à sang», indique l’ordonnance de renvoi consultée par Libération. Selon le même document, il poursuit la conversation en lui rappelant «qu’ils» sont «capables de garantir l’ordre au sein de la commune». Que si elle lui obéit, «sa réélection [sera] acquise aux prochains scrutins municipaux». La conversation s’étire jusqu’à ce que Mélanie Boulanger s’engage à demander au commissaire de police d’arrêter ses patrouilles.
Justice
Canteleu : ouverture du procès d’une ville sous l’emprise du trafic de drogue
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L’ex-maire PS et son adjoint sont jugés à partir de ce lundi à Bobigny, avec 17 autres prévenus, pour une affaire de narcotrafic dans la petite ville de Seine-Maritime.
L’ex-maire de Canteleu et son adjoint auraient donné aux trafiquants des informations permettant le maintien de leurs activités. (Olivier Arandel/Le Parisien.MAXPPP)
Publié le 27/05/2024 à 6h41
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