Paris, passage Saint-Pierre-Amelot, peu avant 22 heures, le 13 novembre 2015. Dans son appartement qui jouxte le Bataclan, Daniel Psenny, alors journaliste au Monde, est alerté par des coups de feu. Il ouvre la fenêtre, regard panoramique. Il a le réflexe de filmer la scène d’horreur qui s’offre à lui. Des hurlements. «Ruben.» «Oscar.» «Bébé, je suis là.» Des tirs de kalachnikov qui claquent. La plainte d’une femme suspendue à une fenêtre : «Aidez-moi. S’il vous plaît. Je vais lâcher. Je suis enceinte.» Une autre qui hurle un code de porte d’entrée depuis sa fenêtre. Un corps ensanglanté que l’on tire péniblement. «Qu’est-ce qui se passe ?» questionne-t-il à plusieurs reprises. «Ils nous tirent dessus, ils nous tirent dessus !» répond une femme. «Ce 13 novembre 2015, commentera Daniel Psenny lors de la diffusion de son documentaire, la guerre s’est invitée sans prévenir sous mes fenêtres.»
Chassés par les tirs des terroristes, certains blessés sont parvenus à s’échapper et se ruent sur le boulevard Voltaire, d’autres ne le peuvent plus. Le journaliste a donc filmé une scène cruciale, témoignage inédit et singulier d’une partie de cette nuit




