Le 17 avril 2025, Georges Billelo entend un bruit suspect depuis son salon. «J’ai demandé à mon fils d’aller voir dans la chambre et là, il a retrouvé sa sœur pendue», raconte-t-il ce lundi 22 décembre au micro d’Ici Isère. Réanimée par son père, la jeune fille de douze ans survit. «A deux minutes près, elle n’était plus de ce monde», déclare Georges Bilello, qui avait déposé plainte la veille après avoir appris que sa fille conversait depuis plusieurs semaines avec un inconnu âgé de 36 ans sur les réseaux sociaux.
L’adolescente a tenté de mettre fin à ses jours après que son père a découvert une conversation sur Snapchat entre elle et un homme de 36 ans, qui s’étale sur plusieurs semaines. Parmi les messages échangés, des photos intimes. «Je pensais que mon père ne m’aimait plus, qu’il me détestait avec ce que j’avais fait sur Snapchat. J’ai décidé que j’en avais marre et que c’était fini», témoigne Léa (1), aujourd’hui âgée de treize ans.
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Après le drame, Georges Bilello estime que la justice n’agit pas assez rapidement pour protéger sa fille. Il décide alors de mener l’enquête lui-même. Il s’empare du téléphone de sa fille et se fait passer pour elle pendant quatre mois, le temps d’éplucher ses réseaux sociaux pour trouver des indices sur l’identité de celui qu’il soupçonne d’être un pédocriminel.
«Prévenir les parents tout de suite»
Ses efforts finissent par porter leurs fruits : «cet abruti, un jour, par erreur, a activé sa géolocalisation», se souvient le père de famille au micro d’Ici Isère. Grâce à une capture d’écran de la carte Snap (qui permet de suivre en temps réel la localisation de ceux qui l’activent), superposée à une carte Mappy, il détermine sa position et transmet ces nouveaux éléments au commissariat, qui retrouve et interpelle le suspect, domicilié en Isère.
Malgré le soulagement de voir le suspect aux mains de la justice, Georges Bilello reste extrêmement vigilant et surveille de près l’utilisation des réseaux sociaux de Léa. Cette dernière, qui se reconstruit peu à peu, alerte tous les adolescents susceptibles de vivre des épreuves similaires : «S’ils se rendent compte qu’ils ont fait la même bêtise que moi, ils doivent prévenir leurs parents tout de suite. Ces derniers doivent faire comme mon père et déposer plainte. Il faut faire attention sur les réseaux, il ne faudrait pas qu’il se passe la même chose que moi car après on regrette.»
Le procès du suspect aura lieu en mars prochain au tribunal de Vienne.
(1) Le prénom a été modifié.




