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«Cette tradition ignoble doit être abolie» : l’influenceur Jeremstar perturbe la corrida de Nîmes et finit au poste

Le youtubeur a fait irruption vendredi 19 septembre sur la piste des arènes de Nîmes. Après cette action, revendiquée par l’association de défense des animaux Peta, Jeremstar et deux autres militants ont été placés en garde à vue. Ils en sont sortis ce dimanche.

Capture d'écran Instagram du compte de Jeremstar. (@jeremstar)
Publié le 20/09/2025 à 13h01, mis à jour le 21/09/2025 à 18h37

«Fuck Corrida !». En pleine corrida d’ouverture de la Feria des vendanges de Nîmes, vendredi 19 septembre, le youtubeur et défenseur des animaux Jeremstar s’était immiscé sur la piste des arènes, interrompant cette tradition taurine décriée mais toujours en vigueur dans le sud de la France, avant d’être arrêté et placé en garde à vue.

Il en est sorti dimanche, annonce le parquet de Nîmes. Il a reçu, ainsi que les deux autres participants à l’action de protestation, une convocation par officier de police judiciaire (COPJ), une mesure de convocation directe à une audience devant le tribunal, a ajouté le parquet sans préciser la date de cette audience. «Aussi éprouvantes qu’aient été les conditions de la garde à vue, elles ne sont rien comparées à ce que subissent les taureaux. Et si j’ai dû passer deux nuits en cellule pour me battre pour eux, je l’ai fait volontiers», a déclaré Jeremstar, Jérémy Gisclon de son vrai nom, dans une réaction transmise par l’association de défense des animaux Peta France, qui avait soutenu et organisé l’action.

Vendredi, en quelques secondes, Jeremstar a quitté sa place dans les gradins et s’est retrouvé à courir sur le sable, non loin d’un taureau en sang. Tout en tentant d’échapper à la sécurité, il a brandi une affiche sur laquelle était inscrit «Fuck corrida». Une action coup de poing pour manifester son opposition à la tauromachie.

L’influenceur a rapidement été plaqué au sol par des membres de la sécurité de l’arène. Dans la foulée, il a rapidement été placé en garde à vue, ainsi que deux autres militants. Selon le quotidien régional Midi Libre, Jeremstar a été entendu au commissariat de police de Nîmes dans le cadre d’une procédure judiciaire.

Plus tard, sur son compte Instagram, le youtubeur a justifié son geste : «Je déteste la corrida. Ce n’est pas de l’art mais de la torture animale. Cette tradition ignoble doit être abolie. Je ne comprends pas comment ce spectacle honteux est encore possible en 2025.» Il s’est dit également «horrifié par la douleur que subissent les taureaux» et a affirmé se réjouir «à chaque fois qu’un toréro se fait planter». Et Jeremstar de poursuivre : «Les taureaux sont des animaux sensibles ressentant la douleur, la peur et le stress. Lors d’une corrida, ils sont plongés dans une atmosphère terrifiante avec les cris de la foule. Ils saignent, souffrent et s’affaiblissent.» Selon lui, «ces actes de barbarie doivent cesser».

«Un échec honteux de la justice»

Le youtubeur a remercié par ailleurs l’association de défense des animaux Peta de l’avoir aidé «à mettre cette action en place». Samedi matin, l’organisation s’est félicitée de son côté de l’action «courageuse» de Jeremstar destinée à «dénoncer l’abjecte cruauté de cette pratique sanglante».

L’association a dénoncé que «punir celles et ceux qui s’opposent à la violence, tout en permettant et même en célébrant la torture d’autres animaux, constitue un échec honteux de la justice». Peta a rappelé enfin que près de «75 % des Français souhaitent l’interdiction de la corrida».

Sur le plan judiciaire, l’influenceur doit être jugé jeudi en appel à Paris dans un autre dossier, dans lequel il avait été relaxé en première instance en 2023. Un ancien collaborateur l’accuse de travail dissimulé pour des dizaines de vidéos tournées entre 2012 et 2017.

Mis à jour à 18h37 avec la sortie de garde à vue de Jeremstar.

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