Ce chiffre ne recouvre que la poudre tombée entre les mains des forces de l’ordre, et pas la totalité de celle qui circule dans l’Hexagone. Mais il donne à tout le moins une indication sur l’ampleur du «tsunami blanc». En 2025, les autorités françaises ont saisi 81 tonnes de cocaïne, selon des données du ministère de l’Intérieur révélés ce mardi 17 février par France Info. Ce chiffre était de 54 tonnes en 2024 et 23 tonnes en 2023.
Plus moitié de cette quantité record de poudre a été interceptée en provenance de l’arc antillais, soit précisément 42 tonnes, a souligné auprès de la radio publique Yann Le Bris, le procureur de la République de Fort-de-France, dont dépend la Juridiction interrégionale spécialisée (Jars) pour la Guadeloupe et la Martinique. Le trafic de poudre blanche est devenu, en valeur, le premier marché des drogues illicites dans le pays.
Témoignages
Si le trafic maritime reste majoritaire, avec une menace constante sur les ports de commerce et secondaires, les organisations criminelles ne délaissent pas les airs. Les trafiquants n’ont de cesse de diversifier les moyens d’acheminer la dope à bon port, quitte à débiter les ballots et faire passer de plus petites quantités. D’après une note de l’Office antistupéfiants (OFAST) consultée jeudi par l’AFP, plus de 2,9 tonnes de cocaïne ont été saisies dans les aéroports, via des centaines de mules aériennes en 2025.
Le recours aux mules, «un phénomène d’ampleur»
Bien que les saisies opérées dans les aéroports sur des passagers soient plus faibles qu’en 2024 (4,1 tonnes de cocaïne interceptées), tout comme le nombre de mules interceptées (1 322 l’an dernier, contre 1 607 en 2024), le recours à des personnes payées souvent une misère pour ingérer des capsules de cocaïne reste bien «un phénomène d’ampleur en France», assure la police antistupéfiants.
Cette chute dans la détection des passeurs de drogue s’explique en partie par «des modifications d’itinéraires pour éviter les vols ciblés» par les forces de sécurité, «des variations dans les contrôles» ou encore une réorientation des trafiquants vers les voies maritimes ou le fret aérien, détaille la note de l’OFAST.
Décryptage
Reste que les autorités antistupéfiants estiment à au moins 20 tonnes la quantité de cocaïne entrées sur le sol français par l’intermédiaire de mules. Leurs portes d’entrées principales sont les deux aéroports parisiens, Orly et Roissy-Charles de Gaulle.
En parallèle, les Français n’ont jamais consommé autant de cocaïne. D’après l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, 1,1 million de personnes en ont pris au moins une fois en 2023.




