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Cœur artificiel : l’offre de reprise de Carmat acceptée par la justice

L’offre de reprise a été déposée par le président du conseil d’administration, Pierre Bastid. La holding de la famille Ligresti, autre actionnaire historique de Carmat, y est également associé.

Un employé de Carmat travaille sur un cœur artificiel autorégulé, au siège de l'entreprise à Bois-d'Arcy, à l'ouest de Paris, le 16 janvier 2024. (Anne-Christine Poujoulat/AFP)
Publié le 01/12/2025 à 15h41, mis à jour le 01/12/2025 à 15h58

Le tribunal des affaires économiques de Versailles a jugé recevable ce lundi 1er décembre l’offre unique de reprise de Carmat. Le fabricant français de cœurs artificiels pour des patients en attente d’une transplantation cardiaque était en redressement judiciaire depuis début juillet. Dans sa décision, le tribunal indique «[ordonner] la cession de la SA Carmat au profit de la SAS Carmat», nouvelle entité qui prendra la suite de l’activité. «Ce seront 39 salariés qui seront licenciés pour motif économique», l’offre de reprise portant sur 88 des 127 salariés début décembre, selon le texte.

Le projet de reprise, proposé par le président du conseil d’administration, Pierre Bastid, auquel est associé le holding de la famille Ligresti, Santé Holding, autre actionnaire historique de Carmat, prévoit un apport d’argent frais de 30 millions d’euros d’ici fin janvier, une réduction de la masse salariale d’un peu plus de 10 % et une sortie de la cotation en Bourse, précisait fin novembre Pierre Bastid, actuel président du conseil d’administration de Carmat dont il est actionnaire à hauteur d’environ 17 %.

Rachat des actifs

L’homme d’affaires avait présenté l’été dernier un premier projet de reprise de Carmat, en redressement judiciaire depuis le 1er juillet, mais celui-ci avait été jugé irrecevable fin septembre faute d’avoir pu sécuriser les financements nécessaires. Mi-octobre, le tribunal avait accordé un délai supplémentaire dans le cadre de la poursuite du redressement judiciaire et Pierre Bastid avait été le seul à déposer une nouvelle offre.

Ce nouveau plan passe par le rachat des actifs de la société pour environ 2 millions d’euros puis la création d’une nouvelle structure privée baptisée Carmat SAS, financée à parts égales entre les deux repreneurs liés par un pacte d’actionnaires. Ils prévoient ainsi de verser 5 millions d’euros chacun dans un premier temps, puis de nouveau 10 millions chacun en janvier. Les dettes bancaires «de l’ordre de 60 millions d’euros» seront effacées, tandis que les dettes auprès des fournisseurs seront honorées, assurait Pierre Bastid à l’AFP en novembre.

Il évoquait également que nouvelle entité non cotée devrait continuer de viser un accès au marché américain pour y commercialiser le cœur artificiel Carmat en tant qu’implantation temporaire et devrait déposer «prochainement» un dossier pour obtenir le remboursement par la sécurité sociale de sa prothèse en France.

Troisième axe de travail, qui démarrera en 2026 : le lancement des études cliniques pour que le cœur artificiel soit reconnu comme prothèse définitive, l’ambition de Carmat depuis sa création en 2008.

Avec une centaine de salariés, l’entreprise des Yvelines a vu certains employés partir ces derniers mois à cause des difficultés financières. L’entreprise dont le nom combine celui de son inventeur médical, Alain Carpentier, chirurgien cardiaque, et de l’entreprise Matra Défense, est l’une des rares sociétés au monde à développer un cœur artificiel entier. Au total, 122 patients ont été traités avec ce cœur artificiel qui, par le passé, a connu des défaillances techniques, dont plusieurs mortelles.

Mise à jour à 15 h 58 avec plus de précisions sur le plan.

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