Six arboriculteurs et maraîchers des Bouches-du-Rhône et de la Drôme, ainsi que leur fournisseur, seront jugés à partir de ce lundi 12 janvier et jusqu’à mercredi à Marseille, pour un vaste trafic de pesticides importés illégalement d’Espagne.
Les produits phytosanitaires étaient employés sur des cultures notamment de melons, salades, tomates, blé, riz, artichauts, butternuts ou pommes et poires. Les exploitants de la Drôme approvisionnaient notamment une enseigne spécialisée dans les produits frais.
«Des produits dangereux pour la santé et l’environnement», fustige Norma Jullien-Cravotta, juriste chez France nature environnement (FNE) Auvergne-Rhône-Alpes, qui leur étaient fournis par un intermédiaire déjà condamné définitivement dans un dossier similaire en Normandie à six mois de prison avec sursis et 50 000 euros d’amende.
«Dans le métier depuis 35-40 ans»
Pour cette nouvelle affaire, trois tonnes et demie de produits interdits ont cette fois été commercialisées entre 2018 et 2024 par ce fournisseur, «dans le métier depuis 35-40 ans», selon Pia Savart, juriste chez FNE national, partie civile dans ce dossier, aux côtés de ses émanations régionales dans les zones concernées.
Ce retraité de 77 ans domicilié dans le Gard sera jugé notamment pour importation de produits phytopharmaceutiques falsifiés, détention, offre et vente de ces produits nocifs. Sa société, la SCEA Midfifix environnement, sera également poursuivie en tant que personne morale. Elle avait été créée, après la liquidation d’une autre société et alors que la première affaire n’était pas définitivement jugée.
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Six agriculteurs seront à ses côtés sur les bancs des prévenus de la salle des procès hors norme du tribunal correctionnel de Marseille. Ils devront répondre notamment de détention en vue de leur utilisation de produit phytosanitaire ne bénéficiant pas d’une autorisation. Les sociétés gérées par ces agriculteurs sont aussi renvoyées en tant que personnes morales. Il est également reproché à tous les prévenus l’usage de faux en écriture car les produits étaient vendus et facturés sous de fausses dénominations.
De nombreuses associations de protection de l’environnement sont parties civiles dans ce dossier. Outre France nature environnement, figurent l’association Générations futures, la Ligue pour la protection des oiseaux LPO Paca ou encore le syndicat agricole minoritaire de la Confédération paysanne.
Pour Jean-Luc Juthier, arboriculteur à la retraite dans la région du Pilat (Loire), et membre de la Confédération paysanne, l’utilisation de ces produits a pu poser «des problèmes au niveau de l’environnement, de la santé pour les salariés des exploitations, pour les exploitants et leur famille qui vivent à proximité et donc également pour les riverains».




