Lunettes sages à montures noires et longs cheveux lisses, Julie L., 25 ans, tente de se tenir à distance des hommes avec qui elle doit pourtant faire box commun ce vendredi 9 janvier. Jusqu’à son arrestation il y a deux mois, la jeune femme officiait comme surveillante pénitentiaire à la maison d’arrêt de Luynes (Bouches-du-Rhône), deuxième établissement pénitentiaire de France par sa taille. En détention provisoire depuis, elle comparaît devant le tribunal correctionnel d’Aix pour «corruption passive» et «association de malfaiteurs» aux côtés de quatre employés de la société Gepsa, entreprise de maintenance officiant sur des sites sensibles.
La justice leur reproche d’avoir remis durant plusieurs mois, et moyennant finance, des objets interdits à des détenus – téléphones, chargeurs, cartes SIM, cigarettes, stupéfiants et parfums. Un sixième prévenu, poursuivi pour «corruption active», est lui détenu : il purge à Luynes une peine de vingt ans de réclusion pour meurtre. Pour ces faits, ils encouraient jusqu’à dix années de prison. Tard dans la nuit, le tribunal les a finalement condamnés à des peines de deux à trois ans de prison, un employé, le seul comparaissant libre, ayant lui été relaxé. La surveillante pénitentiaire au casier vierge jusque-là restera en prison : elle écope de trois ans de réclusion dont deux ferme.
«J’ai parlé aux mauvaises personnes»
«Expliquez-nous comment on vous retrouve là», avait lancé plus tôt dans l’après-midi la présidente du tribunal à Julie L. Luynes, c




