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Deux nouveaux cas d’enfants tondus dans un foyer à Paris, la mairie annonce saisir la justice

Une mère affirme ce jeudi 18 décembre à France Info que ses garçons de 3 et 4 ans ont été rasés à blanc en raison de la présence de poux dans un foyer de l’Aide sociale à l’enfance en juillet 2025. Si la ville précise l’absence de «caractère humiliant», elle va tout de même convoquer la directrice de l’établissement.

(Allen Chen/Getty Images)
Publié le 18/12/2025 à 11h23

Moins de dix jours après le calvaire vécu par un enfant de 8 ans, rasé et humilié par les éducateurs du foyer Jenner, dans le XIIIe arrondissement de Paris, nouveau scandale dans un foyer parisien de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Deux jeunes enfants, âgés de 3 et 4 ans, ont eu les cheveux rasés à blanc l’été dernier, témoigne ce jeudi 18 décembre la mère de ces deux garçons auprès de France Info. Selon la radio, une plainte sera déposée dans les prochaines semaines.

La mairie de Paris a, pour sa part, annoncé avoir fait parvenir un signalement à la justice mardi 16 décembre concernant cette affaire. «La ville a convoqué la directrice de l’association gérant le foyer. On reçoit la famille cette semaine et en début de semaine prochaine», a indiqué la ville, précisant toutefois l’absence de «caractère humiliant» contrairement à une affaire similaire révélée récemment. Selon Ici Paris, la mairie va également «convoquer sous huit jours des associations intervenant sur le territoire parisien dans le cadre de l’ASE».

Des cheveux rasés en raison de présence de poux dans le foyer

D’après le témoignage de la mère des deux garçons, les faits se sont produits dans un foyer de l’ASE du XVIIIe arrondissement de la capitale, une semaine après qu’une juge pour enfants a ordonné une mesure de placement provisoire concernant les deux enfants. Le motif : les protéger de la rupture conflictuelle de leurs parents. Lors de sa première visite dans le foyer, la mère de famille constate alors que ses deux fils sont entièrement rasés. «Je me suis aperçue qu’ils avaient eu les cheveux, non pas rasés, mais complètement tondus à blanc, il n’y avait pas un duvet de cheveux. Je me suis dit, ils sortent d’un camp», se désole-t-elle auprès de la radio publique. Elle dit s’être sentie «dépossédée» de ses enfants.

Explications d’une responsable de l’antenne locale de l’ASE : les cheveux de ses enfants ont été rasés «parce qu’il y a des poux dans le foyer», se souvient la mère de famille, qui précise avoir donné son autorisation à l’éducatrice le matin même pour couper les «cheveux très longs» d’un de ses fils. Or, «pour traiter les poux, avant de couper les cheveux, on fait un traitement», fustige-t-elle. «Tondre à blanc les cheveux des enfants, ce n’est pas du tout leur rôle.»

Interrogé par France Info, Christian Berthuy, le directeur général de la fondation OVE qui gère ce foyer de l’ASE, répond qu’il a été décidé de procéder «à cette coupe de cheveux», qui n’est pas un rasage à blanc selon lui, après «discussions entre professionnels et après accord de la maman» et afin «d’optimiser l’efficacité du traitement antipoux qui a été opéré dès l’examen des enfants, et d’éviter la propagation au sein du groupe d’enfants». Pour autant, il concède que «la coupe des cheveux n’est pas une mission habituelle des éducateurs». Sollicité par Libération, le parquet de Paris n’a, pour l’heure, pas indiqué si une enquête avait été ouverte.

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