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Cold case

Dix ans après les faits, un homme mis en examen dans l’affaire du «violeur au tournevis» grâce à la généalogie génétique

Le suspect a été écroué ce jeudi 11 décembre, a annoncé le parquet de Nanterre. En 2015, une joggeuse qui courait le long d’une rivière à Poitiers (Vienne) avait été attaquée au tournevis, violée et laissée pour morte.

Le tribunal de Nanterre le 28 novembre 2023. (Magali Cohen/Hans Lucas. AFP)
Publié le 11/12/2025 à 9h22, mis à jour le 11/12/2025 à 17h52

Un homme de 28 ans placé en garde à vue mardi car soupçonné d’avoir commis un viol dix ans plus tôt à Poitiers (Vienne) a été mis en examen et écroué ce jeudi 11 décembre, a fait savoir le parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine), dont le pôle «cold cases» est saisi du dossier. L’homme, qui était mineur au moment des faits, a été identifié en utilisant la généalogie génétique en collaboration avec le FBI américain, a précisé le ministère public.

«Cet homme, mineur au moment des faits, a reconnu en être l’auteur, a annoncé le parquet ce jeudi dans un communiqué. Il a été mis en examen des chefs de tentative de meurtre accompagnée ou suivie d’un autre crime et de viol. Il a été placé en détention provisoire.»

En 2015 dans la Vienne, une joggeuse qui courait le long d’une rivière avait été sauvagement attaquée, étranglée et violée. Nos confrères du Parisien rappellent qu’elle avait «reçu un coup de tournevis planté au niveau du poumon [mais] avait miraculeusement échappé à la mort». L’enquête n’avait alors pas identifié le coupable. Elle a fini par être reprise par le pôle des crimes sériels ou non élucidés (PCSNE) – ou pôle «cold cases» – du parquet de Nanterre.

L’avocat de la victime, Me Lee Takhedmit, a salué mercredi une «bonne nouvelle» pour sa cliente, «victime de ce crime ultra-traumatisant». «Ça lui fait un choc parce qu’elle pensait qu’on ne le retrouverait jamais», a-t-il réagi auprès de l’AFP. Pour rappel, le suspect est présumé innocent. «C’est une personne à la fois forte et très émotive, mais elle avait vite repris le dessus. Depuis, elle s’est mariée et a fondé une famille.»

«Quand on se donne les moyens, ça paye»

Pour identifier l’ADN retrouvé sur la scène, les enquêteurs ont fait appel à la généalogie génétique. Une technique qui consiste à interroger des bases de données constituées notamment des ADN donnés par des particuliers à des sites pour leur révéler leurs origines ; sites dont l’usage est interdit en France.

Pour l’avocat, cette identification génétique est une prouesse «spectaculaire». «C’est un coup de maître et cela montre que, dans ces dossiers, quand on se donne les moyens, ça paye», a-t-il jugé, saluant le travail du pôle des crimes sériels ou non élucidés. Ces bases étant détenues par des entreprises américaines, les enquêteurs demandent aux autorités outre-Atlantique de faire la recherche, pour identifier de potentiels parents de la personne recherchée.

«Il importe de préciser que le recours à la généalogie génétique répond aux règles classiques de la coopération judiciaire et pénale», a précisé le parquet de Nanterre. «En toute légalité, un magistrat instructeur du PCSNE a adressé une commission rogatoire internationale (CRI) aux Etats-Unis d’Amérique aux fins de comparaison de l’extrait ADN masculin inconnu avec les bases de données disponibles dans le pays», ajoute la même source.

L’encadrement de l’utilisation de la généalogie génétique en France reste à préciser : le ministre de la Justice Gérald Darmanin a annoncé en octobre que son utilisation serait autorisée dans le cadre d’une loi ultérieure.

Fin 2022, Bruno L., surnommé le «prédateur des bois» pour avoir enlevé, emmené dans la forêt et violé cinq adolescentes entre 1998 et 2008, avait été arrêté grâce à cette technique avec l’appui du FBI, une première en France. Il s’était suicidé en prison alors qu’il était en détention provisoire après avoir reconnu les faits.

Mise à jour à 17 h 50 avec la mise en examen et le placement en détention du suspect.

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