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Drame à Crans-Montana : porte «verrouillée», bougies, mousse… les explications du propriétaire du bar aux enquêteurs

Des extraits de la première audition de Jacques Moretti par les autorités suisses vendredi ont été diffusés, dans lesquels il décrit les conditions de sécurité de son établissement Le Constellation.

La façade du bar Le Constellation à Crans-Montana, vendredi 9 janvier 2026. (MAXIME SCHMID/AFP)
Publié le 10/01/2026 à 21h02

Le propriétaire français du bar incendié la nuit du Nouvel An dans la station de ski suisse de Crans-Montana a déclaré aux enquêteurs avoir découvert juste après le drame qu’une «porte de service» dans Le Constellation était «verrouillée de l’intérieur», lors de son audition vendredi par le ministère public du Valais. C’était la première depuis l’ouverture d’une enquête pénale pour déterminer les responsabilités dans le drame, qui a fait 40 morts et 116 blessés. Jacques Moretti a été placé en détention provisoire à l’issue de cette audition.

Aux enquêteurs suisses, Jacques Moretti a expliqué avoir, à son arrivée au bar juste après l’incendie, «forcé cette porte» fermée de l’intérieur, selon des extraits de procès verbaux publiés par plusieurs médias français et suisses, dont l’authenticité a été confirmée à l’AFP de source proche du dossier.

Jacques Moretti a toutefois affirmé face aux enquêteurs qu’il s’agissait d’une «porte de service», réservée au personnel de l’établissement, et qu’elle «n’est pas indiquée comme sortie de secours». Il raconte avoir retrouvé plusieurs personnes étendues derrière cette porte après l’avoir ouverte.

«Il n’y avait jamais eu de soucis»

D’après les premiers éléments de l’enquête, le drame a été provoqué par des bougies étincelantes entrées en contact avec une mousse insonorisante posée au plafond du sous-sol de l’établissement. «Systématiquement, quand nous servons une bouteille en salle, nous ajoutons un “scintillant” [ou bougie «fontaine», ndlr]», a expliqué de son côté son épouse et co-propriétaire Jessica, ressortie libre de l’audition de vendredi.

«Ça fait dix ans que nous faisons cela, il n’y avait jamais eu de soucis», a assuré Jacques Moretti. Selon lui il, «n’est pas impossible» que ces bougies aient causé l’incendie, mais il estime qu’il «doit y avoir quelque chose d’autre». Ces bougies «n’étaient pas assez puissantes pour enflammer la mousse acoustique. J’avais fait des tests», a-t-il soutenu.

La nature de cette mousse antibruit posée au plafond du sous-sol est notamment scrutée par les enquêteurs. Jacques Moretti a expliqué l’avoir achetée dans un magasin de bricolage et installée lui-même lors de travaux effectués après l’achat de l’établissement en 2015.

Des interrogations portent aussi sur la présence et l’accès aux extincteurs. Le gérant a déclaré que Le Constellation disposait de quatre extincteurs, mais pas de système d’arrosage automatique, rapporte France Info.

Selon la radio, Jacques Moretti a aussi répété que son bar avait été contrôlé «deux ou trois» fois en dix ans, et que cela n’avait donné lieu à aucune demande de réaménagement ou de modification des lieux.

«Pas impossible qu’il y ait eu dysfonctionnement»

Au sujet de la présence de nombreux adolescents mineurs dans le bar au moment de la tragédie, Jacques Moretti a affirmé que l’établissement avait «interdiction d’accepter des personnes de moins de 16 ans» et que les clients de 16 à 18 ans devaient «être accompagnés d’un majeur». Il a assuré avoir donné ces «consignes» au personnel de sécurité, mais a reconnu qu’«il n’est pas impossible qu’il y ait eu dysfonctionnement».

Le couple est soupçonné d’«homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence».

Au terme de l’instruction ouverte, le ministère public du Valais décidera de classer l’affaire ou d’émettre un acte d’accusation en vue d’un éventuel procès. En attendant, la présomption d’innocence prévaut.

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