«Je ne savais pas si elle allait bien, si mes amis étaient vivants… J’étais comme paralysé.» Les cheveux coupés ras, quelques traces de brûlures visibles sur le visage et les avant-bras, le jeune latéral gauche du FC Metz, Tahirys Dos Santos, livre le témoignage d’une soirée d’horreur. Rescapé de l’incendie d’un bar à Crans-Montana, en Suisse, qui a fait 41 morts, le joueur de 19 ans s’est confié à Paris Match, dans une interview publiée ce jeudi 5 février. Sa petite amie Coline, elle aussi grièvement blessée durant la soirée, vient tout juste de sortir d’un coma de trois semaines.
«Si je ne devenais pas footballeur professionnel, je sauverai des vies»
Il est presque une heure du matin, ce soir du réveillon du Nouvel An, lorsque Tahirys Dos Santos accompagne Coline aux toilettes. Alors que l’incendie se déclare, il donne l’alerte à la jeune femme : «Elle n’a pas posé de questions, elle a vu dans mes yeux qu’il se passait quelque chose de bizarre», relate le footballeur. «J’entendais des cris, tout le monde courait vers la sortie», se souvient celui qui dit être parti en courant avec Coline, avant «le trou noir». Une attente interminable aux abords du bar, où Tahirys «crie le prénom de ses amis, sans réponse».
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Le joueur rapporte avoir pu compter sur le soutien d’Amandine, une étudiante, qui l’a épaulé jusqu’à l’arrivée des secours. «Je lui ai demandé de me prendre en photo pour montrer à mes parents que j’allais bien, et que si je ne devenais pas footballeur professionnel, je sauverai des vies comme elle.»
Un long travail de rééducation
Tahirys Dos Santos a d’abord été transporté dans un hôpital en Allemagne, dans une unité pour grands brûlés, avant d’être transféré près de chez lui à Metz. Après 27 jours de séparation, le sportif a pu retrouver sa copine Coline, en rémission d’un coma de trois semaines, conséquence directe des graves brûlures qu’elle a subies dans la station suisse. La jeune femme, dont seuls la poitrine, le ventre et le visage ont été épargnés, a dû subir trois opérations. Tous les deux ont été brûlés à 30 %, sur tout le corps.
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Celui qui espérait s’imposer dans le groupe professionnel du FC Metz en deuxième partie de saison reste lucide sur sa rémission : «Je ne me concentre pas trop sur le foot, je veux juste me rétablir.» Sa convalescence s’accompagne d’un long travail de rééducation, pour retrouver l’usage normal de ses mains et son dos, grièvement brûlés lors de l’incendie.




