Le parquet de Paris a annoncé ce samedi 10 janvier l’ouverture d’une enquête à la suite de la plainte déposée par le journaliste Thomas Legrand, pour «atteinte à l’intimité de la vie privée», confirmant une information du journal le Parisien. Les investigations portent sur la divulgation d’une conversation privée avec l’ancienne patronne de France Inter Laurence Bloch, dans un café parisien le 15 décembre.
L’ancien chroniqueur de France Inter, également éditorialiste à Libération, a déposé deux plaintes fin décembre : la première contre X pour «captation illégale» de la conversation, et la seconde visant les antennes bolloréennes Europe 1 et CNews pour «conservation, divulgation et utilisation de l’enregistrement obtenu de manière illicite» et «diffusion de fausses nouvelles», avait précisé son avocat Me Antoine Ricard.
«L’ère du “trumpisme”»
En fin d’année, Thomas Legrand avait dénoncé, devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’audiovisuel public, les affirmations répétées sur Europe 1 puis CNews à propos de sa rencontre dans un café avec Laurence Bloch. «Notre discussion a été enregistrée à notre insu», alors qu’il s’agissait d’«un rendez-vous privé entre deux amis», avait ainsi souligné le journaliste. «Nous sommes entrés en France dans l’ère du “trumpisme”», avait-il ajouté, évoquant un «espionnage».
Le lendemain, sur CNews, Pascal Praud avait cité des propos prêtés à Laurence Bloch lors de cet échange. «Tout ce qu’on se dit est enregistré bien sûr. On ne peut pas le passer bien évidemment parce que c’est interdit. Mais tout ce que je vous ai dit, tout cela est codifié», avait assuré l’animateur favori de Vincent Bolloré.
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Le parquet de Paris a fait savoir que l’enquête avait été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). La BRDP est d’ailleurs déjà chargée d’une enquête similaire au sujet d’un autre enregistrement vidéo clandestin qui avait fait grand bruit l’an dernier : la conversation entre des responsables socialistes et les journalistes Patrick Cohen et Thomas Legrand. Les deux journalistes avaient porté plainte après la diffusion en septembre par le magazine l’Incorrect de cette vidéo, enregistrée sans autorisation.
Cette vidéo – où Thomas Legrand disait «nous, on fait ce qu’il faut pour (Rachida) Dati, Patrick (Cohen) et moi» – avait été abondamment commentée dans les médias de la galaxie Bolloré comme CNews, Europe 1 et le JDD, au point de devenir le catalyseur d’une guerre ouverte avec l’audiovisuel public. L’enquête de la BRDP avait été ouverte en fin d’année.




