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Emeutes de 2024 en Nouvelle-Calédonie : l’Etat condamné à verser 28 millions d’euros à Allianz

Le tribunal administratif de Nouméa a reconnu ce jeudi 11 décembre la «responsabilité» de l’Etat dans les dégâts causés lors des émeutes de mai 2024 qui ont fait 14 morts.

Des centaines d’entreprises et des bâtiments publics avaient été pillés et incendiés pour des dégâts estimés au total à plus de 2 milliards d’euros. (Gill Chabaud/Abaca)
Publié le 11/12/2025 à 15h51

Le tribunal administratif de Nouméa a condamné ce jeudi 11 décembre l’Etat à verser plus de 28 millions d’euros à l’assureur Allianz, jugeant sa «responsabilité» engagée dans les dégâts causés lors des émeutes de mai 2024 pour n’avoir pas mis en place «un niveau raisonnable de sécurité». L’Etat n’a pas tiré les conséquences «des alertes et des demandes formulées par le haut-commissaire de la République et de la multiplicité des signaux significatifs et convergents témoignant de la forte probabilité d’une insurrection à venir», a écrit le tribunal dans sa décision.

Le tribunal a estimé que, dans les jours précédant les violences qui ont fait quatorze morts dont deux gendarmes, «l’Etat disposait en amont de délais suffisants pour mettre en place les mesures appropriées pour assurer un niveau raisonnable de sécurité». La juridiction était saisie de quatorze requêtes déposées par Allianz, assureur de plusieurs commerces de la zone commerciale de Kenu In, dans le Grand Nouméa, incendiés et pillés entre le 15 et le 17 mai 2024.

Deux milliards d’euros de dégâts

Des émeutes, en lien avec la contestation par le camp indépendantiste d’une réforme électorale, avaient éclaté le 13 mai 2024 au soir dans l’archipel, provoquant les violences les plus graves depuis les années 80. Des centaines d’entreprises et des bâtiments publics avaient été pillés et incendiés pour des dégâts estimés au total à plus de 2 milliards d’euros.

Kenu In, ouvert en 1989, était le plus grand centre commercial de Nouvelle-Calédonie avec 12 000 m² de surfaces commerciales et 600 personnes employées. L’enseigne Decathlon a été la première à être prise pour cible par les émeutiers, le 15 mai. Deux jours plus tard, l’ensemble des commerces avaient été pillés puis incendiés.

Cette condamnation intervient alors que plusieurs assureurs ont annoncé depuis fin 2024 limiter fortement leur présence ou la couverture des risques liés aux dommages aux biens dans les outre-mer, jugeant le risque d’émeutes devenu trop fréquent et trop coûteux. Les représentants patronaux alertent eux depuis des mois sur les difficultés croissantes à assurer les entreprises.

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