Menu
Libération
LIVE
terminé

Mort de Quentin Deranque à Lyon : une enquête ouverte pour «homicide volontaire», pas d’interpellation à cette heure, selon le procureur de la République

Thierry Dran a tenu une conférence de presse ce lundi afin de préciser les circonstances de l’agression mortelle du militant nationaliste de 23 ans, jeudi 12 février.

Rassemblement de groupes d’extrême droite à Paris le 15 février après la mort de Quantin Deranque à Lyon. (Stéphane Lagoutte/Libération)
Publié le 16/02/2026 à 15h34, mis à jour le 16/02/2026 à 17h28

En résumé :

  • Un militant nationaliste de 23 ans est mort samedi, deux jours après avoir été agressé à Lyon sans que l’on ne connaisse à cette heure les circonstances exactes du drame. Une enquête délictuelle a été ouverte pour «coups mortels aggravés et violences aggravées». Une enquête criminelle a également été ouverte pour «homicide volontaire», a déclaré le procureur de la République de Lyon los d’une conférence de presse. Quentin Deranque présentait «essentiellement des lésions à la tête» et a été victime d’un «traumatisme crânien majeur».
  • Le collectif identitaire Némésis a affirmé que Quentin Deranque faisait partie de son service de sécurité dans le cadre d’une action destinée à perturber la conférence de l’eurodéputée insoumise Rima Hassan à Sciences Po. L’avocat de la famille de la victime affirme que le jeune homme n’était «ni agent de sécurité, ni membre d’un quelconque service d’ordre».
  • Alors que le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a pointé du doigt la possible implication du groupe antifasciste «La Jeune Garde», collectif dissout en juin 2025. Celui-ci a contesté dimanche toute responsabilité dans les «tragiques événements» survenus à Lyon. Aucun élément n’a été partagé par le parquet sur ce point, qui est resté très prudent, affirmant qu’aucune interpellation n’a eu lieu à ce jour.
Le 16/02 à 17H21

Interrogé sur des liens entre la mort de Quentin Deranque et la Jeune Garde, le procureur refuse de répondre

Alors que Thierry Dran, procureur de la République de Lyon, a répété qu’«à ce stade, l’enquête cherche à identifier l’ensemble des auteurs directs des faits criminels en se basant, non pas sur des rumeurs, mais sur des éléments recueillis lors des investigations», il a également été interrogé sur la Jeune Garde, groupe antifasciste pointé du doigt par le gouvernement. «Quand on aura interpellé les gens, on va vous en dire plus sur leur appartenance», a éludé le magistrat. Une prudence que ne partage pas Gérald Darmanin, qui a affirmé dimanche que «c’est manifestement l’ultragauche qui a tué» Quentin Deanque. Le garde des Sceaux en a profité pour pointer «une complaisance de La France insoumise pour la violence politique», et estimé que «des discours politiques, notamment ceux de LFI, mènent malheureusement à une violence extrême, sur les réseaux sociaux et dans le monde physique».

Le 16/02 à 17H16

Mort de Quentin D. : droite et extrême droite sonnent la charge contre LFI, qui dénonce une «exploitation du drame»

Par Damien Dole

Alors que l’enquête n’a pas établi de lien entre les insoumis et la mort du jeune militant identitaire, samedi 14 février à Lyon, macronistes, LR et extrême droite rejettent la responsabilité sur le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. LFI dénonce une instrumentalisation.

Le 16/02 à 16H28

Pas de coups de couteau, des armes par destination...

Le procureur de Lyon, Thierry Dran, a distillé des informations parcellaires lors de sa courte conférence de presse. Répondant de manière très brève aux questions des journalistes, il a affirmé, pêle-mêle, que Quentin Deranque n’avait pas de casier judiciaire, qu’il n’avait pas reçu de coups de couteau, que les auteurs des faits portaient «des armes par destination» sans préciser lesquelles.

Le 16/02 à 16H23

Aucune interpellation à cette heure

Contrairement à des informations qui circulent depuis le début de l’après-midi, aucune personne n’a été interpellée dans le cadre des enquêtes ouvertes après la mort de Quentin Deranque, a martelé le procureur de la République de Lyon. Très prudent, insistant sur le manque d’informations à ce jour pour répondre précisément aux questions des journalistes, Thierry Dran a répété à plusieurs reprises que «l’enquête se poursuit» et que «des investigations sont en cours». «Une enquête criminelle, ça prend du temps, ça ne peut pas se faire en quelques jours.»

Le 16/02 à 16H20

Le déroulé des faits selon le procureur de la République de Lyon

Lors d’un point presse très court, le procureur de la République a détaillé le déroulé des événements ayant conduit à la mort de Quentin Deranque. De premières tensions auraient éclaté à l’abord de Sciences Po Lyon, lorsque «plusieurs individus» ont arraché la banderole tenue par les militants de Némésis. Deux d’entre elles auraient été violentées – l’une étranglée, l’autre jetée au sol et frappée. Mais, a précisé le procureur, à ce stade, les «jeunes hommes» censés assurer leur protection, «n’intervenaient pas».

C’est trente minutes plus tard, que ces derniers auraient été «pris à partie violemment par un groupe d’une vingtaine d’individus masqués et cagoulés». La plupart des jeunes hommes venus assurer la sécurité des militants de Némésis auraient réussi à s’enfuir, sauf trois d’entre eux qui se seraient retrouvés «isolés». «Ces trois jeunes hommes, dont Quentin Deranque» auraient alors été «jetés au sol et frappés de très nombreuses reprises par au moins six individus». Deux seraient parvenus à s’enfuir, tandis que Quentin Deranque «restait au sol». La jeune victime, encore consciente, aurait été rejointe par des amis, qui tentaient alors de le ramener chez lui, avant de constater «sur le chemin du retour» la dégradation rapide de son état, et décidaient d’appeler les secours.

Le 16/02 à 16H08

Une enquête ouverte pour «homicide volontaire», selon le procureur de la République

L’autopsie a déterminé que Quentin Deranque présentait «essentiellement des lésions à la tête» et a été victime d’un «traumatisme crânien majeur» affirmé le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran, lors d’une conférence de presse. Ce dernier affirme également qu’une «enquête criminelle des chefs d’homicide volontaire» a été ouverte, en plus de l’enquête délictuelle déjà ouverte pour «coups mortels aggravés et violences aggravées».

Le 16/02 à 15H54

Après la mort de Quentin Deranque, une extrême droite entre recueillement et envie de vengeance

Par Marie-Eve Lacasse

Un regroupement de personnalités et militants d’extrême droite s’est tenu dimanche dans le calme devant la Sorbonne. Une cérémonie qui tranche avec les actions menées contre des locaux de LFI depuis vendredi soir. Lire notre article.

Le 16/02 à 15H50

Qui était Quentin Deranque, mortellement agressé à Lyon ?

Par Maïté Darnault et Marie-Eve Lacasse

Militant d’extrême droite, jeune homme sans histoire, catholique traditionaliste… Qui était Quentin Deranque, mort samedi 14 février des suites d’une agression violente jeudi dans les rues de Lyon ? Selon l’avocat de sa famille, Me Fabien Rajon, c’était un «étudiant en mathématiques de 23 ans, pratiquant le tennis et la philosophie». Il suivait depuis cette année un bachelor universitaire de technologie en science des données à l’IUT de l’université Lumière Lyon II. Lire notre article.

Le 16/02 à 15H47

Des croix celtiques et le prénom Quentin tagués sur les murs de l'université de Tours

Des croix celtiques taguées à côté du prénom Quentin ont été retrouvées lundi matin sur les murs de l’université de Tours, a annoncé la direction de l’établissement. L’université de Tours a dénoncé «la présence de très nombreux tags à caractère raciste, principalement des croix celtiques, sur les murs du campus des Tanneurs, dans un contexte national particulièrement sensible». Le président de l’université «condamne avec la plus grande fermeté ces actes, qui sont en totale contradiction avec les valeurs républicaines et universitaires : liberté, service public, tolérance et laïcité». Il appelle «l’ensemble des étudiantes, étudiants et personnels à contribuer au maintien de la cohésion et de l’apaisement».

Le 16/02 à 15H43

Lyon, capitale française de la violence politique

Par Maxime Macé et Pierre Plottu

Des rixes opposant militants d’extrême droite et antifascistes jusqu’à ce l’un ou l’autre des groupes finisse par fuir, laissant derrière lui des camarades bien souvent lynchés au sol ; des coups de barre de fer et des slogans nationalistes hurlés par des militants d’extrême droite lors d’une descente contre un événement de gauche, associatif ou syndical ; des militants d’un bord ou de l’autre «cueillis» en pleine rue et tabassés… La métropole rhodanienne est familière des violences d’extrême droite et des rixes opposant les groupes nationalistes aux antifascistes locaux. Lire notre article.

Le 16/02 à 15H38

S’acharner sur un homme à terre, ce n’est pas antifa, c’est fa

Par Thomas Legrand

Si l’enquête en cours à Lyon confirmait que des militants antifascistes étaient bien responsables de la mort de Quentin, toute cette mouvance devrait se remettre en cause, selon notre éditorialiste Thomas Legrand. Face au fascisme, totalitaire et brutal, la vraie réponse ne peut être que démocratique.

Le 16/02 à 15H34

Yaël Braun-Pivet suspend l’accès à l’Assemblée pour l’assistant parlementaire de Raphaël Arnault

Selon Laurent Nuñez, ce lundi matin sur France Inter, de «nombreux» militants d’extrême droite affirment que Jacques-Elie Favrot, le collaborateur parlementaire du député LFI et cofondateur de la Jeune Garde Raphaël Arnault, était présent au moment des faits. Une rumeur qui a circulé sur les réseaux sociaux et dans la presse ce week-end, son nom étant pointé par Némésis. Auprès du Progrès, l’avocat de l’assistant, Me Bertrand Sayn, a affirmé que son client «nie formellement être responsable de ce drame». Le collaborateur parlementaire s’est mis en retrait de ses fonctions le temps de l’enquête, et la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, a annoncé sur X avoir décidé, «à titre conservatoire et sans préjudice des suites de l’enquête judiciaire, de suspendre ses droits d’accès à l’enceinte de l’Assemblée nationale, afin de prévenir les troubles à l’ordre public que sa présence est susceptible de susciter». Lire notre article.

Début du live : le 16/02/2026 à 15:34

Dans la même rubrique