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Drogues

«En Martinique, le narcotrafic a pénétré le tissu social et familial» : les Antilles gangrenées par le trafic de cocaïne

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Situées entre les pays producteurs et consommateurs, la Guadeloupe et la Martinique se trouvent sur l’une des «autoroutes» du trafic mondial, ce qui alimente la délinquance localement. Ces derniers mois, la marine française multiplie les saisies importantes.

Un contrôle des marchandises d'un bateau à Fort-de-France, le 16 juin 2022. (Stephane de Sakutin/AFP)
ParJulien Lecot
envoyé spécial en Martinique
Publié le 30/11/2025 à 10h58

7 056 kg de cocaïne répartis en 250 ballots. Voilà l’imposante cargaison, récupérée dans la soute d’un bateau de pêche dans l’océan Atlantique, avec laquelle un patrouilleur de la marine nationale est rentré à Fort-de-France le 11 octobre. Une saisie suffisamment massive pour que les ministères des Armées et de la Justice s’en félicitent dans un communiqué commun. Pourtant, la prise qui aurait été un record il y a quelques années n’est aujourd’hui plus si exceptionnelle : en janvier, les forces françaises avaient déjà intercepté 9 tonnes de poudre blanche au large des côtes martiniquaises. A l’été 2024, la barre des 10 tonnes avait même été atteinte lors d’une saisie dans la même zone.

Il y a dix ans, la préfecture de Fort-de-France se réjouissait d’avoir réalisé «la plus grosse saisie jamais opérée par la douane» après avoir intercepté… 2,25 tonnes de cocaïne sur un voilier. «Aujourd’hui, à moins de cinq tonnes, ce n’est même plus une très grosse saisie», assure à Libération le préfet de la Martinique, Etienne Desplanques. Début novembre, 29,4 tonnes de cocaïne avaient déjà été saisies en 2025 dans la zone maritime Antilles, soit près de trois fois plus que sur l’ensemble de l’année 2023.

Si l’armée française multiplie depuis quelques années les importantes prises dans la région, c’est d’abord parce que la production mondiale de cocaïne est en forte augmentation –

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