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Enquête

Explosion d’un immeuble à Trévoux : la femme retrouvée dans les décombres s’est suicidée en ouvrant le gaz

Deux enfants de trois et cinq ans sont morts des suites de l’explosion, lundi 15 décembre, dans cette ville de l’Ain.

Des pompiers sur le site de l'immeuble résidentiel qui a essuyé une explosion, le 16 décembre à Trévoux. (Olivier Chassignole /AFP)
Publié le 17/12/2025 à 17h27, mis à jour le 17/12/2025 à 18h40

La femme dont le corps a été retrouvé dans la soirée, mardi soir à Trévoux, dans les décombres de l’immeuble où a eu lieu une explosion la veille, s’est suicidée en ouvrant le gaz, a annoncé la procureure de Bourg-en-Bresse mercredi soir. L’enquête, menée par les gendarmes, a démontré «que la femme majeure décédée, retrouvée par les secours (mardi), a volontairement mis fin à ses jours en ouvrant le gaz dans son domicile», écrit Karine Malara dans un communiqué.

L’explosion de cet immeuble de quatre étages, dont la déflagration a secoué jusqu’aux établissements scolaires voisins et traumatisé tout un quartier, a fait deux autres victimes, deux frères âgés de trois et cinq ans. La déflagration a entièrement détruit l’appartement de la femme et en partie celui d’une famille voisine, tuant les deux garçons et blessant leur grand frère de 18 ans, leur mère et son mari. Ce n’est qu’après la découverte mardi soir du corps d’une «femme majeure décédée», que l’enquête a permis de conclure au suicide.

Les familles des défunts ont été reçues mercredi après-midi par une association d’aide aux victimes et la gendarmerie, chargée par le parquet de l’enquête en recherche des causes de la mort, a précisé Karine Malara. Une cellule de soutien a été mise en place par la préfecture de l’Ain, le parquet et la mairie, pour apporter «une aide notamment psychologique, juridique ou matérielle» à toutes les victimes, a-t-elle ajouté.

Fouilles à la pelleteuse

L’explosion, extrêmement puissante, avait été entendue à des kilomètres à la ronde lundi vers 17 h 30. Elle avait en partie détruit l’immeuble résidentiel, rendant inhabitables ses appartements, et endommagé ou brisé les vitres de bâtiments du voisinage, notamment deux établissements scolaires et sept maisons individuelles, selon les secours.

Treize personnes avaient dû être hospitalisées en urgence relative et 53 autres prises en charge pour des blessures légères ou en cellule psychologique. Les secouristes avaient pu rapidement localiser les garçonnets Mathieu, 3 ans, et Thomas, 5 ans, guidés par des messages envoyés par leur grand frère Mael, coincé lui aussi sous les décombres, selon les témoignages de voisins. Les pompiers n’avaient cependant pas réussi à réanimer les deux petits frères. Mael, sa mère, employée d’une cantine de la ville, et son mari avaient été transportés à l’hôpital et en sont ressortis mardi matin.

70 habitants en tout

Dès lundi soir, la préfecture avait annoncé qu’une femme était portée manquante, information confirmée le lendemain sur place par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, précisant qu’il s’agissait «probablement d’une occupante d’un des logements». Le corps de cette femme a été découvert mardi soir vers 20 heures après des fouilles à la pelleteuse.

L’immeuble détruit comptait 20 logements, dont 19 occupés par quelque 70 habitants, hébergés provisoirement dans des hôtels, un camping ou chez des proches, selon la mairie. «Le périmètre va être gelé pendant le temps nécessaire aux constatations», avait dit mardi Laurent Nuñez.

Mise à jour à 18 h 35, avec davantage de détails.
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