Le procès pour homicides et blessures involontaires du maire de Cholet (Maine-et-Loire) et de cinq autres prévenus s’ouvre ce lundi 17 novembre, soit un peu plus de trois ans après la mort d’un garçon de 7 ans et sa sœur de 24 ans lors d’un feu d’artifice organisé par la ville.
L’édile, Gilles Bourdouleix, sera présent à l’ouverture des débats, a annoncé son avocat, Me Olivier Rolland. Les autres prévenus sont un adjoint au maire, l’artificier principal et son employeur, la société HTP, ainsi que l’association Cholet événements et son vice-président. Le procès doit se tenir jusqu’au 21 novembre devant le tribunal judiciaire d’Angers, à l’issue duquel chacun risque jusqu’à trois ans d’emprisonnement.
«Incident de tir»
Le soir du drame, le 14 juillet 2022, un garçon de 7 ans et sa sœur de 24 ans ont été tués par plusieurs projectiles tombés au milieu d’un groupe de spectateurs à quelques dizaines de mètres du pas de tir, zone qui aurait dû être interdite au public. Leur mère, leur père et le compagnon de la jeune femme ont été gravement blessés. Douze autres personnes ont également subi des blessures, plus légères.
«Zone interdite au public»
Il est reproché au maire de Cholet «d’avoir manqué à ses obligations en déléguant à une association l’organisation du feu d’artifice, en négligeant d’examiner avec les organisateurs les questions de sécurité […] et en n’imposant pas la mise en place de barrières» afin d’assurer «le respect de la zone de sécurité à l’intérieur de laquelle aucun public ne devait se trouver».
Quant à l’artificier et son employeur, il leur est reproché d’avoir «tiré un feu d’artifice alors que des personnes se trouvaient dans une zone interdite au public et d’avoir utilisé du matériel inadapté ou en mauvais état».
L’association Cholet Evénements, organisatrice du spectacle, est pour sa part visée pour «n’avoir pas mis en place un dispositif visant à assurer le respect de la zone de sécurité» et pour «ne pas avoir attiré suffisamment l’attention du maire de Cholet sur les prérogatives à mettre en œuvre».
Le procès, initialement prévu fin février, avait été renvoyé pour examiner un document fourni par la défense de Gilles Bourdouleix, selon lequel le maire avait délégué ses fonctions en matière de police municipale en 2021 à son adjoint en charge de la sécurité. Ce dernier, Patrice Brault, sera également présent lundi, selon son avocat, Jonathan Proust. L’élu avait été placé en garde à vue après le renvoi de l’affaire.




