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Feu d’artifice mortel à Cholet : le maire Gilles Bourdouleix condamné à 18 mois de prison avec sursis

Un garçon de 7 ans et sa sœur de 24 ans avaient été tués dans l’explosion d’une fusée d’artifice le soir du 14 juillet 2022, alors qu’ils se trouvaient dans une zone qui aurait dû être interdite au public.

Gilles Bourdouleix à Cholet le 21 janvier 2015. (Jean-Sebastien Evrard/AFP)
Publié le 29/01/2026 à 17h34

Les responsabilités sont désormais établies. Le maire de Cholet (Maine-et-Loire) et cinq autres prévenus ont été condamnés ce jeudi 29 janvier pour un feu d’artifice qui a fait deux morts et de nombreux blessés le 14 juillet 2022.

Le soir du drame, plusieurs projectiles étaient tombés au milieu de spectateurs à quelques dizaines de mètres du pas de tir, zone qui aurait dû être interdite au public. Le souffle de l’explosion a tué un garçon de 7 ans et sa sœur de 24 ans, Gabriel et Meggy Mandote. Leurs parents et le compagnon de la jeune femme ont été grièvement blessés. Douze personnes ont aussi subi des blessures lors de ce feu d’artifice organisé par la ville de Cholet.

Le tribunal correctionnel d’Angers a estimé par la voix de son président que «la mort de Meggy et Gabriel Mandote ont pour cause certaines des fautes commises par l’ensemble des prévenus». Dès lors, le maire, premier magistrat de la ville et absent lors du délibéré, a écopé de 18 mois d’emprisonnement avec suris et à 750 euros d’amende. Son adjoint Patrick Brault est condamné à la même peine.

Lors du procès, en novembre 2025, les avocats du maire, Gilles Bourdouleix, avaient pourtant plaidé la relaxe pour leur client, rejetant toute responsabilité sur son adjoint à la sécurité, l’artificier et l’organisateur du feu d’artifice. Le procureur Eric Bouillard avait de son côté requis deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende contre le maire, le considérant comme «responsable» d’homicides et blessures involontaires. Il avait en revanche demandé la relaxe de l’adjoint à la sécurité, Patrice Brault.

L’artificier n’avait «pas suivi les règles d’utilisation»

Contre l’artificier en chef, le prononcé est plus sévère que les réquisitions. Si la peine de prison est identique - trois ans dont un ferme sous bracelet électronique -, il est interdit d’exercer définitivement son activité d’artificier et de formateur, quand le procureur avait demandé une interdiction de cinq ans. Il lui était reproché de n’avoir «pas suivi les règles d’utilisation des bombes». L’avocat de l’artificier, Me Nicolas de la Taste, avait quant à lui plaidé la relaxe, affirmant que son client «avait confiance en l’organisateur Cholet Evénements» pour assurer la sécurité du spectacle. «Par deux fois, on lui a assuré au téléphone que tout était en ordre», avait-t-il assuré.

Des amendes de 50 000 et 30 000 euros et des interdictions d’exercice de cinq ans avaient été réclamées contre la société pyrotechnique HTP (devenue Féérie) et l’association Cholet Evénements. Si la défense de HTP avait plaidé la relaxe, ce fut en pure perte. Le tribunal considère la société «doublement fautive» et l’a condamnée à plus de 100 000 euros d’amende, assortie d’une interdiction d’exercer l’activité d’artificier et de formateur. Cholet Evénements avait simplement demandé à ce qu’une interdiction d’organiser des événements ne soit pas prononcée car elle viderait «l’association de son objet». «Nous n’avons pas cherché à fuir nos responsabilités», avait souligné Me Stanislas Panon. Peine perdue, là aussi : outre une amende de 3 750 euros, elle est interdite d’organiser des manifestations festives ou culturelles à titre définitif. Son vice-président écope de son côté de 30 mois d’emprisonnement, dont 8 sous bracelet électronique. Il

L’avocat du vice-président de Cholet Evénements avait demandé une peine «ajustée», sans prison ferme, «parce qu’il y a un acte de contrition depuis le premier jour». Son client «aurait dû veiller à tout, il le reconnaît», avait reconnu Me Jean-Baptiste Rozes. Le procureur avait requis contre lui trois ans de prison dont un an ferme, aménageable.

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