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Terrorisme

Financement présumé du Hamas : cinq mises en examen au sein d’associations françaises

Les mis en cause sont soupçonnés d’avoir «fait parvenir des fonds, sous couvert d’aide humanitaire, au Hamas, organisation terroriste», selon le parquet national antiterroriste (Pnat).

Une enquête préliminaire a été ouverte dans cette affaire dès le 3 novembre 2023, notamment confiée aux renseignements intérieurs. (Nicolas Guyonnet/Hans Lucas.AFP)
Publié aujourd'hui à 12h27

Cinq personnes liées aux associations françaises Humani’Terre et Soutien Humani’Terre ont été mises en examen, soupçonnées de «faire parvenir des fonds, sous couvert d’aide humanitaire, au Hamas, organisation terroriste», a déclaré ce samedi 21 février le parquet national antiterroriste (Pnat).

Les mis en cause ont été placés sous contrôle judiciaire, après leur mise en examen vendredi, précise cette même source, confirmant une information du journal Le Figaro. Ils sont poursuivis pour «financement d’une entreprise terroriste», «abus de confiance en bande organisée» et «blanchiment d’abus de confiance en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste».

Immeubles saisis

Ces mises en examen découlent de perquisitions menées lundi au sein de Humani’Terre, aux domiciles et bureaux de cadres ou anciens cadres des deux associations.

Deux immeubles, à Paris et à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), ont par ailleurs été saisis via l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc).

Tout est parti d’une enquête préliminaire ouverte le 3 novembre 2023, confiée à la section antiterroriste de la brigade criminelle de la préfecture de police, à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et à l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF).

Les associations Humani’Terre et Soutien Humani’Terre, «dont l’objet social est le soutien aux populations palestiniennes résidant dans les camps de réfugiés de Cisjordanie, du Liban et de la bande de Gaza», ainsi que les cadres du bureau de ces associations, sont alors «soupçonnés de faire parvenir des fonds, sous couvert d’aide humanitaire, au Hamas, organisation terroriste», résume le Pnat.

Une première série de perquisitions a eu lieu le 31 janvier 2024 au siège social des associations et aux domiciles des membres ou anciens membres du bureau de Humani’Terre.

Ont alors été saisis du matériel informatique et des documents comptables «listant des associations françaises, européennes, palestiniennes et jordaniennes destinataires de fonds», selon le Pnat. Près de 40 millions d’euros - près de 35 millions sur des comptes bancaires ou chèques de banque, et plus de 5 millions en espèces au siège social de Humani’Terre, dans ses antennes de Paris, Lille, Lyon ou encore Marseille - ont également été confisqués.

Coopération internationale

Ce sont l’exploitation des supports numériques saisis à cette époque et des éléments obtenus via la coopération internationale - Italie, Etats-Unis, Israël - qui ont impulsé les récentes perquisitions.

Les investigations vont désormais se poursuivre sous la direction de trois magistrats instructeurs antiterroristes.

Le site d’Humani’Terre informe de la suspension de la collecte de dons à la suite «d’évènements récents qui ont impacté notre association», «de multiples obstacles administratifs et bancaires».

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