Un homme de 44 ans a été blessé par balle par la police en pleine gare Montparnasse à Paris ce vendredi 14 novembre, a appris Libération de sources policières. Selon nos informations, l’homme se serait ensuite automutilé avec un couteau après avoir proféré des menaces envers son ex-femme et son fils. Le pronostic vital du suspect n’est plus engagé, précise une source judiciaire. Une autre personne, un homme de 53 ans victime collatérale, a été touchée par balle au pied et prise en charge par les secours.
Interview
Contacté, le parquet de Paris indique avoir été «avisé d’au moins un coup de feu tiré à la gare Montparnasse». «Il ressort des premiers comptes rendus au parquet qu’un homme né en mai 1981, en provenance de Rennes, était attendu à la gare par des policiers, dans le cadre d’une enquête pour violences conjugales diligentée par le commissariat du Kremlin-Bicêtre. [...] Exhibant un couteau à son arrivée en gare, il a été touché à la jambe par le tir d’un policier de la brigade des réseaux ferrés, et s’est ensuite asséné des coups de couteau à la gorge. Il a été pris en charge rapidement par les secours.»
Deux enquêtes ont été ouvertes par le parquet de Paris. La première vise le porteur du couteau, pour «tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique». L’autre a été confiée à l’IGPN et porte sur le cadre dans lequel le policier a fait usage de son arme. «Les circonstances de l’usage de l’arme restent à établir», affirme une source policière à Libération.
Déjà condamné pour des violences conjugales
Selon nos informations, le suspect avait été condamné le 22 septembre par le tribunal de Créteil pour des violences conjugales commises entre le 1er janvier 2024 et le 17 septembre 2025 et pour des menaces de mort sur son ex-femme commises en septembre. Le quadragénaire purge donc actuellement une peine de 18 mois de prison avec sursis. Il lui est notamment interdit de paraître au domicile de la victime ainsi que sur son lieu de travail, et de détenir une arme. Il devait également participer à un stage de responsabilisation pour la prévention et la lutte contre les violences au sein du couple et les violences sexistes.
Une autre source policière précise à Libération que les faits ont eu lieu à 14 h 35 et que le suspect, dans le cadre d’un conflit familial, menaçait de «se rendre au domicile de son ex-épouse et de porter atteinte à son intégrité physique». Alors que les autorités avaient été mises au courant de cette menace, un dispositif policier a été mis en place gare Montparnasse.
Interview
Sur place, un témoin, Kevin, 33 ans, explique à Libération qu’il se dirigeait vers son train en partance pour Rennes quand il a vu «un mec se faire gazer puis deux coups de feu puis plus rien. Les gens se sont mis à courir, j’ai fait demi-tour». Il a aperçu «un homme à terre, en sang». Nadia, 40 ans, était en train de regarder le tableau d’affichage avec une collègue quand elle a entendu «un cri hyper fort, comme quelqu’un qui gueule mais qui n’a pas l’air de maîtriser sa colère. On a vu l’attroupement devant la voie, on a entendu deux coups de feu, je me suis baissé, j’ai attrapé la main de ma collègue qui était sidérée, et on s’est mises à courir».
Reprise du trafic
Plusieurs dizaines de policiers et de militaires du plan Vigipirate étaient sur place dans l’après-midi. Quatre TGV, départ ou arrivée, ont été supprimés, et une dizaine d’autres ont subi «des retards compris entre dix minutes et une heure quarante», selon l’opérateur ferroviaire.
Vers 19 heures, Philippe Tabarot a affirmé sur X que le trafic était «quasi-normal, avec de légers retards persistants entre 10 et 20 minutes». «3 trains auront été supprimés. 2 quais restent fermés pour permettre à l’enquête de police de se poursuivre», a-t-il ajouté. Plus tôt, il avait exprimé son «soutien à la personne blessée et aux voyageurs présents au moment des faits».
Mise à jour : à 16 h 29, ajout d’éléments du parquet de Paris et de sources policières ; à 17 h 55, ajout d’éléments de la SNCF et de la déclaration du ministre des Transports ; à 18 h 45, le pronostic vital du suspect n’est plus engagé, celui-ci a déjà été condamné pour des violences conjugales ; à 20 h 55 avec le message de Philippe Tabarot.




