Ils ont entre 15 et 17 ans et sont suspectés d’avoir pris pour cible des homosexuels rencontrés via une application. Deux groupes d’adolescents, auteurs présumés de violentes extorsions orchestrées via le site de rencontre Grindr, ont été mis en examen le 18 novembre par la police de Besançon (Doubs) puis libérés, selon des informations de l’Est républicain.
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Arrêtés sur commission rogatoire, ils ont été interrogés par un juge d’instruction puis mis en examen pour des chefs d’accusation graves, qui sont : «extorsions sous la menace d’une arme», des «vols avec arme», des «violences aggravées», le «port d’arme blanche sans motif légitime» et des «violences commises du fait de l’orientation sexuelle des victimes», selon nos confrères de l’Est républicain. D’après eux, les jeunes ont été depuis «laissés libres sous contrôle judiciaire, dans l’attente d’être convoqués devant le juge des enfants». Contacté, le parquet de Besançon n’a pas confirmé ces informations.
Des victimes battues avec une casserole ou un rouleau à pâtisserie
En tout, entre janvier et août 2025, huit victimes de deux groupes distincts ont été signalées dans la région. Sans lien apparent d’une équipe à l’autre, leur méthode est similaire : échanger avec un homme sur Grindr, lui donner un rendez-vous puis le brutaliser. L’un des jeunes suspects a été reconnu par une victime, ce qui a pu donner lieu à leur interpellation.
Le premier groupe entendu par la justice comprend trois jeunes hommes. Ils auraient agi à six reprises, en donnant rendez-vous à leur cible dans la même cage d’escalier, avant de la rouer de coups ou de la menacer à l’arme blanche (couteaux ou scie à métaux, d’après l’Est républicain). Lors des perquisitions, les téléphones des adolescents ont été saisis et la police a retrouvé des vidéos attestant les faits. Ces agissements violents n’ont été qu’en partie reconnus par leurs auteurs, qui se justifient en affirmant lutter, selon leurs termes, contre des «pédophiles».
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L’autre groupe, quant à lui plus restreint, reconnaît les faits. Il est composé de deux adolescents ayant sévi deux fois. Les rendez-vous mal intentionnés étaient cette fois donnés directement au domicile des hommes visés, dans le but de les séquestrer, les ligoter ou les battre avec des objets domestiques, comme une casserole ou un rouleau à pâtisserie, avant de s’emparer de leurs biens personnels.
Des faits similaires se sont déroulés à Nantes (Loire-Atlantique) au printemps. Une équipe de quatre jeunes, démantelée en août, s’attaquait, dans des parcs de la ville, à des hommes gays également piégés via un site de rencontre.
Philippe C., 22 ans, avait, lui, été battu à mort par trois adolescents dans un parking de Grande-Synthe (Nord), en 2024. Les auteurs des faits, alors âgés de 14 et 15 ans, avaient piégé la victime en se faisant passer cette fois-ci pour une mineure sur le site Coco. Ils avaient été condamnés par le tribunal pour enfants de Dunkerque à des peines allant de 18 à 20 ans de réclusion criminelle.
Mise à jour à 14 h 17 avec l’ajout de la réponse du parquet de Besançon.




