A l’époque, le ministre de la Culture Franck Riester avait parlé d’une «affaire complètement folle, d’un pervers». Celle de Christian Nègre, un ex-haut fonctionnaire de la rue de Valois, soupçonné d’avoir humilié près de 250 femmes en les forçant à uriner. Ce jeudi 5 février, la procureure de Paris a incité d’autres potentielles victimes à se signaler «au plus vite», si elles n’ont pas encore été entendues par la justice, en prévision de la fin de l’instruction.
Cet ancien DRH du ministère de la Culture, qui a également officié à la direction des affaires culturelles de la région Grand Est, a été mis en examen par deux juges d’instruction, notamment pour «administration de substance nuisible», «violences par personne chargée de mission de service public» ou «atteinte à l’intimité», rappelle Laure Beccuau dans un communiqué. Six ans après le début de la procédure, sur les 248 victimes recensées, «au moins 180» se sont constituées parties civiles.
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«Toute victime non encore entendue est invitée à se signaler au plus vite auprès de l’OCRVP (l’Office central de répression des violences aux personnes, co-saisi avec les services de police judiciaire) et si elle le souhaite à se constituer partie civile», souligne la procureure. La justice espère effectuer rapidement ces auditions, «afin de pouvoir procéder ensuite aux évaluations et interrogatoires supplémentaires éventuels. La clôture des investigations est attendue d’ici la fin de l’année 2026», poursuit Laure Beccuau.
Une longue procédure avant un procès
L’affaire avait éclaté lorsque Christian Nègre, alors en poste dans la région Grand Est, avait été surpris en train de prendre sous la table une photographie de son interlocutrice, qui avait porté plainte, donnant lieu à l’ouverture d’une enquête mi-2018. L’exploitation de son matériel informatique avait permis de découvrir un tableau recensant 181 entretiens avec des femmes, au cours desquels «il est apparu qu’il faisait absorber à celles-ci des produits diurétiques dans un café ou thé et attendait qu’elles soient acculées à uriner en sa présence», a rappelé la procureure de Paris, saisie du dossier à partir de la fin 2018.
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En fin d’année 2025, plusieurs victimes avaient fait part de leur exaspération face à la durée de l’instruction, dans ce dossier qui représente un défi logistique pour la justice, notamment par le nombre de plaignantes. En prévision d’un procès, qui promet d’être un casse-tête d’organisation, une réunion d’information a été organisée par les juges d’instruction à l’intention de leurs avocats fin janvier, et une autre est prévue au printemps pour les victimes qui se seront constituées parties civiles. En attendant une date d’audience, certaines victimes ont déjà pu obtenir des indemnisations devant la justice administrative.




