Menu
Libération
Détention

«Il peut arriver n’importe quoi»: l’aléatoire surveillance des gardes à vue de nuit en gendarmerie

Réservé aux abonnés

Dénoncée depuis plusieurs années par le contrôleur général des lieux de privation de liberté, la surveillance des cellules en gendarmerie la nuit ne semble pas permettre une sécurité suffisante. Les militaires assurent avoir lancé des pistes de réflexion afin d’améliorer les conditions.

Chambre de sûreté dans la brigade de gendarmerie d'Albert dans la Somme. (Nicolas Messyasz/SIPA)
Publié le 31/05/2022 à 19h23, mis à jour le 31/05/2022 à 19h48

«C’est le règlement.» Etonnement partagé dans la salle d’audience du tribunal judiciaire de Versailles. Avocats, juges, procureur et journalistes semblent perplexes. Nous sommes le 15 mars 2022, Arnaud V., un gendarme de 41 ans est jugé pour «homicide involontaire» après la mort en cellule de dégrisement de Cyril Cozic, alors âgé de 46 ans et adjoint au maire de Villiers-le-Mahieu (Yvelines). Celui-ci était décédé le 12 janvier 2014 dans une cellule de la gendarmerie de la commune toute proche de La Queue-lez-Yvelines, après avoir été accompagné par sa femme.

Depuis de longues minutes, la cour cherche à savoir comment l’officier de police judiciaire a pu laisser un homme fortement alcoolisé, connu localement pour son addiction, seul dans une cellule froide pendant plusieurs heures la nuit. «C’est le règlement, développe calmement Arnaud V. Nous avons l’obligation de visiter deux fois le gardé à vue pendant la nuit, cela avait été fait.» Distant, le gendarme ne semble pas comprendre ce qui lui est reproché. Face à lui, la veuve de Cyril Cozic explique avoir laissé son mari entre les mains des militaires en pensant qu’ «au moins là, il était en sécurité». Arnaud V. sera finalement condamné à six mois de prison avec sursis, sans inscription

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique