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«Il y a plusieurs noms de Français cités» dans les dossiers Epstein : LFI demande la formation d’une commission d’enquête parlementaire

Le député insoumis Antoine Léaument a incité la représentation nationale à se réunir en commission d’enquête afin de «tourner [l]’attention» des élus «vers les victimes».

Antoine Léaument, ici à l'Assemblée lors des discussions sur le budget de la Sécurité sociale en novembre 2025, estime que cette commission permettrait de faire émerger la parole des victimes. (Bastien Ohier /Hans Lucas.AFP)
Publié le 03/02/2026 à 16h06

Une tentative d’action politique. Les députés insoumis ont appelé mardi à lancer une «commission d’enquête parlementaire» transpartisane sur l’affaire Epstein, pour donner la possibilité à des victimes, connues ou nouvelles, de témoigner, et enquêter sur d’éventuelles «ingérences» ou «financement» de partis politiques.

L’étude et l’exploitation de millions de pages publiées vendredi par le ministère américain de la Justice, doit d’abord permettre de «tourner notre attention vers les victimes», a déclaré en conférence à l’Assemblée le député LFI Antoine Léaument.

«Que la représentation nationale fasse sa part du travail»

Les victimes «qui ont parlé, et celles qui n’ont pas parlé, et dont la parole pourrait émerger si la représentation nationale se saisissait de ce sujet», a-t-il précisé, annonçant que son groupe proposerait la création d’une commission d’enquête sur l’affaire Epstein et les liens entre le criminel sexuel américain et des entités ou personnalités françaises.

«Il y a plusieurs noms de Français qui sont cités dans cette affaire», a poursuivi Antoine Léaument, estimant qu’une commission d’enquête permettrait également d’éclairer «un volet sans doute politique de questions d’ingérence, de questions de financement, parfois de partis politiques». «Sur ces deux aspects, il nous semble nécessaire que la représentation nationale fasse sa part du travail».

Lundi, tandis que sa fille Caroline démissionnait de son poste à responsabilités au Syndicat de la production indépendante, l’ancien ministre socialiste Jack Lang a dit «assumer pleinement» ses relations passées avec Jeffrey Epstein tout en assurant avoir ignoré ses crimes, alors que certains documents montrent des liens financiers entre l’ancien ministre, sa famille et l’homme d’affaires. Le nom de Marine Le Pen figure également dans un échange de courriels entre l’idéologue d’extrême droite Steve Bannon et le financier. Un chef d’orchestre, Frédéric Chaslin, a dû donner des explications sur certains mails qu’il a envoyés à Epstein. Et c’est évidemment sans oublier Jean-Luc Brunel, patron d’agence de mannequins et «rabatteur», suicidé en prison en 2022.

La simple mention du nom d’une personne dans le dossier Epstein ne suppose aucun acte répréhensible a priori de cette personne. Mais les documents rendus publics montrent à tout le moins des liens entre le criminel sexuel Jeffrey Epstein ou son entourage et certaines personnalités qui ont souvent minimisé, voire nié, l’existence de tels rapports.

Interrogée sur la perspective d’une commission d’enquête, la porte-parole du groupe écologiste Léa Balage El Mariky a dit «comprendre» la démarche mais estimé que Antoine Léaument se trompait peut-être de «chemin», dans le sens où une commission d’enquête ne permettrait pas de se pencher sur des faits déjà visés par une information judiciaire.

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