Les amateurs de vélo le savent, et les écuries qui écument les courses professionnelles, régulièrement soulagées d’une série de bécanes entre deux jours de course, le savent : à plusieurs milliers d’euros l’unité, le marché du deux-roues est porteur. Le réseau de cambrioleurs qui vient d’être démantelé par la gendarmerie cette semaine le savaient aussi, et avaient, pour ce faire, mis au point une technique atypique pour sévir un peu partout en France. Plutôt inventifs, ils «fracturaient le toit des commerces avant d’utiliser une canne à pêche artisanale pour extraire les vélos».
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Cinq personnes ont ainsi été interpellées lundi 10 novembre en région parisienne et dans les Alpes-Maritimes, à l’occasion d’une «opération d’ampleur [qui a mobilisé] plus de 60 gendarmes». Les voleurs mis en cause sont soupçonnés d’être à l’origine de douze cambriolages dans autant de départements différents. Pour un préjudice s’élevant à «près d’un million d’euros», soulignent les gendarmes dans leur communiqué.
Un million d’euros de préjudice
D’après nos confrères de Ouest France, il s’agit de ressortissants moldaves. Ils «ciblaient les cycles haut de gamme en raison de leur prix de revente très élevé», indique la gendarmerie, qui n’a pas encore retrouvé le fruit de cette pêche illégale.
Nos confrères d’ICI Armorique relatent par exemple le cas d’un vol survenu le 18 octobre dans une zone commerciale de Langueux (Côtes d’Armor) : 24 vélos subtilisés pour une valeur estimée à 167 000 euros. «Les auteurs sont montés sur le toit du bâtiment à l’aide d’une échelle, avant de découper la toiture pour pénétrer à l’intérieur», indique la station.
«Grâce à cette technique, ils ont volé des vélos de route et des vélos gravel», soit mi-route mi-VTT, raconte le gérant d’un autre magasin de cycle, situé dans la Sarthe. A La Ferté-Bernard, c’est 18 vélos qui ont été volés début octobre pour un préjudice de 75 000 euros, indique ICI Maine. Au beau milieu de l’été, à Poiçonnet (Indre) 20 vélos à plusieurs milliers d’euros l’unité avaient déjà été dérobés. Là encore ils sont extraits du magasin par le toit.
Jugés en décembre
Une enquête préliminaire a dans un premier temps été ouverte par le parquet des Sables d’Olonne (Vendée), en raison d’une «recrudescence de faits de cambriolage commis de nuit dans les magasins de vente de cycles haut de gamme en région Pays de la Loire et plus largement sur le territoire national». Elle a ensuite été transmise en juillet au parquet de Rennes, spécialisé dans la lutte contre la criminalité organisée.
Les investigations, menées par la section de recherches de Nantes, l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI) et la brigade de recherches des Sables d’Olonne, ont permis d’établir que les auteurs fracturaient le toit des commerces avant d’utiliser une canne à pêche artisanale pour en extraire les vélos. Les cinq suspects sont convoqués en comparution à délai différé les 15 et 16 décembre devant le tribunal de Rennes. On a hâte de connaître leur ligne de défense.




