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Incendie mortel en Meurthe-et-Moselle : une possible dette de drogue à l’origine du drame, six suspects interpellés

Cinq personnes sont mortes le 30 novembre dans l’incendie d’une habitation à Neuves-Maisons. Les suspects, dont trois mineurs, ont affirmé être persuadés que le bâtiment était vide.

Le bâtiment brûlé à Neuves-Maisons, le 30 novembre 2025. (Jean-Christophe Verhaegen/AFP)
Publié le 09/01/2026 à 10h48, mis à jour le 09/01/2026 à 16h48

Après un mois d’enquête, les circonstances du drame semblent s’éclaircir. Six personnes ont été interpellées jeudi 8 janvier dans le cadre de l’enquête sur l’incendie volontaire d’une habitation à Neuves-Maisons (Meurthe-et-Moselle) qui a fait cinq morts, a annoncé auprès de BFM TV le procureur de la République de Nancy, François Capin-Dulhoste. Une partie des suspects ont été mis en examen pour «meurtre en bande organisée». Dans une conférence de presse donnée ce vendredi 9 janvier devant le tribunal judiciaire de Nancy, le procureur a révélé les avancées des investigations.

L’un des suspects «a reconnu avoir déclenché l’incendie»

Deux semaines après les faits survenus dans la nuit du dimanche 30 novembre, les enquêteurs ont interpellé quatre individus dans la Marne, rapporte Ici Lorraine. Trois sont mineurs : le plus jeune est âgé de 15 ans, et les deux autres de 17 ans. Ce sont eux qui auraient mis le feu à l’habitation, a expliqué François Capin-Dulhoste : «Les trois mineurs se sont rendus en voiture à Neuves-Maisons dans la nuit du 29 au 30 novembre. L’un d’entre eux a pénétré dans l’immeuble et a aspergé les lieux d’essence avant d’y mettre le feu.» Le quatrième suspect, âgé lui de 21 ans, serait un proche et un «utilisateur régulier du véhicule».

Ils ont tous ont été mis en examen dès le 18 décembre dernier pour meurtre en bande organisée et tentative de meurtre en bande organisée. «L’un des deux mineurs de 17 ans a reconnu avoir déclenché l’incendie», a précisé le procureur, qui ajoute que l’individu est connu de la justice après une précédente condamnation pour violence aggravée. L’autre mineur de son âge a reconnu avoir conduit la voiture – lui possède un casier judiciaire vierge. S’ils ont été placés en détention provisoire, les jeunes de 15 ans et de 21 ans sont sous contrôle judiciaire, leur rôle exact étant encore à déterminer. Lors de leurs auditions, ils ont assuré qu’ils pensaient la maison vide de tout occupant, selon Ici Lorraine.

Le seul survivant de l’incendie était la cible

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Au début du mois de janvier, les enquêteurs ont identifié deux individus supplémentaires, l’un soupçonné d’avoir «organisé les faits» et l’autre d’avoir engagé les jeunes pour le passage à l’acte, contre rémunération. S’ils ne l’ont pas fait eux-mêmes, c’est parce qu’ils sont en prison : le premier, âgé de 21 ans et originaire de Châlons-en-Champagne, comme les quatre premiers suspects, «a déjà été condamné par trois fois depuis 2022, essentiellement pour des faits de violence aggravée» et purge une peine de cinq ans d’emprisonnement, a révélé le procureur de Nancy.

Il partageait au moment du drame sa cellule avec le deuxième individu, âgé de 23 ans, et emprisonné pour cinq ans pour trafic de stupéfiants. D’après Ici Lorraine, leur acte aurait justement été motivé par une dette de drogues : ce dernier connaissait le jeune homme de 22 ans, seul survivant des flammes, et qui aurait en réalité été la cible de l’incendie qui a tué toute sa famille. Mardi, les deux détenus «ont été placés en garde à vue» et déféré ce vendredi «devant le magistrat instructeur qui les a mis en examen» pour «meurtre en bande organisée et tentative de meurtre en bande organisée».

Depuis début décembre, l’enquête est menée pour incendie volontaire ayant entraîné la mort, un crime passible de la réclusion à perpétuité. Une trace de produit «accélérant», c’est-à-dire inflammable, a été retrouvée sur place, a affirmé une source proche de l’enquête à France Info le 3 décembre, renforçant la piste d’une origine criminelle de l’incendie.

«Une maison sans problème particulier»

Le drame était survenu vers 3 heures du matin le dimanche 30 novembre, au domicile d’une famille de quatre personnes, à Neuves-Maisons, commune de quelque 7 000 habitants en périphérie de Nancy. Les deux parents, âgés de 59 et 60 ans, un de leurs fils, âgé de 16 ans, ainsi que deux amis de leurs enfants, âgés de 16 et 20 ans, sont morts dans l’incendie qui a dévasté leur logement. Le deuxième enfant de la famille rescapé et plausible cible de l’incendie, s’en est tiré avec des blessures légères après s’être échappé par les toits, avait expliqué Pascal Schneider, maire de la ville.

Le feu a touché un bâtiment de trois niveaux comprenant un magasin au rez-de-chaussée. «La famille semblait occuper le dernier étage de cet immeuble et a été victime notamment des fumées», a déclaré peu après le drame, le préfet. Dans les jours suivant le sinistre, l’incompréhension était de mise sur l’origine des flammes car le bâtiment était loin d’être vétuste : «c’était une maison relativement bon état, sans problème particulier», avait souligné le maire de la ville.

Mise à jour à 16 h 35 avec les nouveaux éléments du procureur.

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