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Irresponsabilité pénale : la bataille du meurtrier de Pau pour sortir de l’HP à barreaux

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Romain Dupuy, qui a tué deux soignantes en 2004, est selon une commission médicale apte à être transféré dans un service ordinaire de psychiatrie. Mais le dossier de ce schizophrène est englué dans un imbroglio juridique. «Libération» a rencontré ses parents.

Marie-Claire Dupuy, mère de Romain Dupuy, tient un portrait de son fils, à Pau, le 1er juin. (Marion Vacca/Libération )
Publié le 04/07/2021 à 20h13

Il faut traverser la campagne béarnaise pour trouver la coquette maison des Dupuy. Le pavillon de plain-pied, crépis crème et véranda sur jardin verdoyant, se trouve au fond d’une petite impasse. Comme celle, juridique, dans laquelle se trouve leur fils Romain Dupuy, dont le nom a marqué les annales pour avoir tué Lucette Gariod, une aide-soignante de 40 ans, et Chantal Klimaszewski, une infirmière de 48 ans, dans la nuit du 17 au 18 décembre 2004, à l’hôpital psychiatrique de Pau (Pyrénées-Atlantiques) où il avait séjourné trois fois.

Romain Dupuy est schizophrène. En 2007, le jeune homme au visage fin et aux cheveux bruns en catogan a été définitivement déclaré pénalement irresponsable. Il n’a pas été jugé, mais est interné depuis seize ans à l’unité pour malades difficiles (UMD) de l’hôpital Cadillac (Gironde). Laquelle, destinée à accueillir des patients dangereux pour autrui et eux-mêmes, est hautement sécurisée. Avis médicaux à l’appui, celui qui a désormais 37 ans bataille pour être transféré dans un service ordinaire de psychiatrie.

Le temps n’a pas suffi à effacer cette image mentale résumant l’atrocité de son crime : la tête d’une des victimes posée sur la télévision. L’affaire avait figé le pays dans l’effroi à une période où l’équation «un fait divers, une loi» faisait office de principe d’action. De cette émotion, donc, est née la loi Dati en 2008, instaurant une audience pu

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