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Témoignage

«J’ai passé la main dans mon dos, j’ai vu qu’il était coupé» : une victime de l’attaque au couteau dans le métro témoigne

Jacqueline, l’une des femmes agressées et légèrement blessées vendredi 26 décembre dans le métro parisien a témoigné lundi sur BFM TV. Le suspect, d’abord présenté comme un Malien en situation irrégulière par les autorités, est de nationalité française, a confirmé le ministre de l’Intérieur.

Vue de l'intérieur du métro parisien, illustration. (Laure Boyer/Hans Lucas. AFP)
Publié le 30/12/2025 à 10h34

«J’ai senti comme un coup de poignet, très très fort, sur mon dos. C’était super fort.» Après avoir été agressée au couteau dans le métro parisien, Jacqueline, 43 ans, a pris la parole lundi chez nos confrères de BFM TV. Comme elle, deux autres femmes de 18 ans ont été légèrement blessées vendredi 26 décembre sur la ligne 3 ; aux stations Arts et Métiers, République et Opéra.

Après avoir été frappée, la quadragénaire relate à nos confrères avoir aperçu «une personne qui courait» : «Je n’ai pas vu si c’était un homme ou une femme, je l’ai juste vue prendre l’autre couloir». «J’étais un peu perdue, je me suis dit “quelqu’un m’a tapée” mais j’ai rien fait, je n’ai discuté avec personne […] Je ne m’attendais pas du tout à ça, je me suis dit “qui a pu faire ça”», explique encore la victime. Quelques secondes plus tard elle prend conscience d’avoir été agressée : «J’ai passé la main derrière mon dos, j’ai vu que mon dos était coupé».

Selon les propos que rapporte BFM TV, Jacqueline a eu «un point de suture» ; le couteau ayant traversé ses quatre couches de vêtements. «Ça a transpercé mais ce n’était pas profond, ça a tapé ma côte», explique la quadra. Elle assure par ailleurs à nos confrères que, depuis son agression, elle se «réveille en sursaut comme si quelqu’un allait [la] frapper» et a peur de redescendre dans le métro : «Je ne pense pas que je pourrais être seule dans un couloir».

Imbroglio sur l’identité du suspect

Un suspect de 25 ans a été arrêté vendredi peu après les faits. Il a été identifié «grâce aux images de vidéosurveillance» du métro et a pu être interpellé dans le Val-d’Oise, via «la géolocalisation de son téléphone portable», a expliqué le parquet vendredi soir.

L’homme a ensuite été conduit en infirmerie psychiatrique : son état a «été considéré comme incompatible» avec une garde à vue, toujours selon le parquet de Paris. De son côté le ministère de l’Intérieur a souligné dans un communiqué samedi que le mis en cause était «connu pour destruction de biens sous l’emprise de stupéfiants», et qu’il avait «été écroué en janvier 2024 pour vol aggravé et agression sexuelle après avoir été condamné pénalement».

D’abord présenté par Beauvau comme un ressortissant malien en situation irrégulière et visé par une obligation de quitter le territoire français après un passage en centre de rétention administrative, on a découvert lundi que le mis en cause disposait en réalité de papiers français – un passeport à son nom a été retrouvé lors d’une perquisition. Il a été naturalisé français en 2018. Interrogé ce mardi sur France Inter, le premier flic de France, Laurent Nuñez, a reconnu «un dysfonctionnement» concernant la nationalité du suspect.

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