Menu
Libération
Recours

Jeux olympiques 2030 : un collectif citoyen saisit la justice pour demander un débat public sur la tenue de la compétition

Des citoyens constitués en collectif ont saisi les tribunaux administratifs de Paris, Lyon et Marseille mardi 16 septembre, pour exiger un débat public sur la tenue des Jeux olympiques d’hiver Alpes 2030.

Une vue du Grand-Bornand (Haute-Savoie). (Fanny Rostan Betemps /Getty Images)
Publié le 16/09/2025 à 21h12

Ce sont des élus locaux, des parlementaires et des organisations de la société civile qui revendiquent un «droit constitutionnel». Le collectif JOP 2030 a saisi ce mardi 16 septembre trois tribunaux administratifs concernés par l’événement à Paris, Lyon et Marseille, car c’est là où se trouvent respectivement le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), le siège de la région Auvergne Rhône-Alpes et le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) Alpes 2030, ainsi que la région Paca et la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo). Pour Delphine Larat, juriste et membre fondatrice de ce collectif, il s’agit de débattre de «l’intérêt général de ce projet» face à un «processus politique opaque».

Désigné en février président du comité d’organisation des JO d’hiver Alpes 2030, Edgar Grospiron qualifiait pourtant ceux-ci d’«évènement d’exception, fidèle aux exigences olympiques et paralympiques et aux attentes des territoires». Mais «depuis le début, on refuse aux habitants de s’exprimer dans le cadre d’un débat public», a déploré mardi en conférence de presse l’avocat du collectif JOP 2030, Jérôme Graefe.

Impact sur un environnement déjà fragilisé par le réchauffement

Cette candidature a été portée fin 2023 par Laurent Wauquiez et Renaud Muselier, les présidents des régions Auvergne-Rhône-Alpes (Aura) et Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), «au mépris de toute information ou publication et consultation des citoyens concernés», a ajouté le député LFI de la Savoie, Jean-François Coulomme, et «entraîne des conséquences économiques, sociales et environnementales considérables». Le parlementaire insoumis cite notamment les impacts sur la ressource en eau, sur des montagnes déjà fragilisées par le réchauffement climatique, mais aussi sur l’économie locale. «Sur le plan social, il nous est vendu des emplois en CDD, là où ces Jeux vont recourir [à] des bénévoles», déplore-t-il.

Autre point d’achoppement, les sites des Jeux Alpes 2030 sont éclatés en quatre pôles allant du Grand-Bornand (Haute-Savoie) à Nice, distants de plus de 500 kilomètres par la route. Malgré différentes demandes de participation des citoyens avec des pétitions récoltant «plus de 70 000 signatures», selon Jérôme Graefe, les porteurs de projets «se sont jusqu’à présent abstenus de saisir la Commission nationale du débat public (CNDP), empêchant tout débat contradictoire», sur la tenue de l’évènement, a-t-il insisté.

Dans la même rubrique