Quinze ans après la mort de Caroline Marcel, un suspect a été mis en examen ce samedi pour meurtre. Stanislas A., 33 ans, a été identifié grâce à une autre expertise des scellés ordonnée par la nouvelle juge d’instruction en charge du dossier, au pôle national dédié aux «cold cases» à Nanterre, a révélé vendredi le Parisien.
Placé en garde à vue quatre jours plus tôt à Toulouse après avoir été interpellé dans la commune de Pamiers, en Ariège, il est désormais en détention provisoire. Carole Marcel avait 45 ans lorsque son corps a été découvert immergé dans le Loiret, le 23 juin 2008, à Olivet près d’Orléans. Elle avait quitté son domicile la veille, en soirée, pour aller courir le long de la rivière.
A lire aussi
La victime est «morte par strangulation et étouffement avant d’être placée dans l’eau», avait détaillé en 2008 la procureure de la République d’Orléans d’alors, Isabelle Toulemonde. «Elle a été plaquée au sol, étouffée par-derrière mais pas à mains nues», avait-elle ajouté. Plusieurs pistes avaient été explorées mais aucun suspect n’avait pu être désigné jusqu’à aujourd’hui.
ADN retrouvé
C’est une clé, retrouvée dans la rivière et appartenant à Caroline Marcel, placée sous scellés depuis des années, qui a conduit les enquêteurs jusqu’à Stanislas A. Une nouvelle expertise a révélé la présence sur l’objet de l’ADN de ce jeune homme, né en 1990 dans la région d’Orléans, selon les informations du Parisien. Aujourd’hui en couple et père d’une petite-fille, il avait à l’époque des faits tout juste 18 ans et effectuait un stage près d’Orléans. Nos confrères évoquent «une enfance chaotique». Né dans une très grande fratrie avec plusieurs géniteurs différents, il n’aurait jamais connu son père et aurait grandi en «navigant de foyers en foyers».
Alors qu’il était encore mineur, il aurait été mis en cause pour des attouchements sur une petite fille, sans jamais avoir été jugé pour ces faits. Il aurait également été condamné pour une agression sexuelle commise en 2006. L’homme serait aussi un adepte de fétichisme, un intérêt qui fait écho au sac à dos contenant des petites culottes retrouvé sur la scène de crime un an après les faits, indique notamment le quotidien.
Au cours de sa garde à vue, Stanislas A. a contesté toute implication dans cette affaire. Mais, toujours selon les informations du Parisien, il n’aurait pas été en mesure de justifier la présence de son ADN sur la clé analysée.