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«La blouse blanche n’est pas une cape de superhéros»: après l’attentat, la souffrance des soignants de Nice

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Ils témoignent au procès de l’attentat de 2016 ce mardi. «Libé» a rencontré des urgentistes et des personnels hospitaliers encore choqués, qui souffrent de stress post-traumatique et tentent de se reconstruire par divers chemins.

Intervention des secours sur la promenade des Anglais, le soir du 14 juillet 2016. (Valéry Hache/AFP)
ParMathilde Frénois
correspondante à Nice
Publié le 20/09/2022 à 8h01

Le 14 juillet 2016, Daniel Navarro porte un encombrant sac à dos. Le long de la promenade des Anglais, alors que le feu d’artifice zèbre le ciel, il transporte tout un barda qui peut autant soulager un hématome que sauver un homme. Daniel Navarro est responsable du poste médical de la fête. L’urgentiste est mobile. Il va et vient, au gré du vent et des soins. «C’est de la bobologie, des malaises. En général, ça se limite aux affaires courantes, expose-t-il. C’est ce qui se passait ce soir-là, jusqu’à ce que le camion rentre dans la foule.» A la fin du feu d’artifice, le terroriste Mohamed Lahouaiej Bouhlel a tué 86 personnes et blessé plus de 400 autres. La fête familiale devient deuil national. Daniel Navarro est primo intervenant. Ce mardi, plusieurs médecins et un sapeur-pompier porteront la parole du personnel hospitalier à la barre du procès de l’attentat de Nice. Pas lui.

Six ans après, le médecin est encore chargé de lourds souvenirs. Il traîne les stigmates de cette soirée d’effroi. «Je me prends le mouvement de foule de plein fouet. Ensuite, ça a été difficile de trouver ma plac

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